Durée : 1h55mn
Le casse du siècle donne lieu à une œuvre bien peu passionnante, indigente sur le plan formel et interprétée par des acteurs visiblement peu concernés.
L’argument : Le 10 mars 1977, Albert Spaggiari,l’homme qui défraya la chronique quelques mois plus tôt en réussissant le casse du siècle à Nice, saute par la fenêtre du palais de justice et s’échappe à moto...
Notre avis : Sur un sujet porteur - le casse d’une banque niçoise par Albert Spaggiari en 1976 - José Giovanni et Michel Audiard signent un scénario qui suit à la lettre le déroulement de ce vol du siècle (rappelons pour mémoire que le butin s’est monté à 50 millions de francs, soit 7,6 millions d’euros). Malheureusement pour le spectateur, les auteurs ont commis plusieurs impairs. A force de vouloir se concentrer sur le casse qui occupe les trois quarts du métrage, Giovanni oublie d’évoquer les préparatifs titanesques et les motivations profondes de Spaggiari. Plombé par un montage désastreux et une réalisation à la limite de l’amateurisme, les vingt premières minutes ne parviennent à aucun moment à nous faire comprendre les tenants de cet extraordinaire événement. Pire, il nous donne l’impression d’une totale improvisation de la part du cerveau de ce casse, alors qu’il a fallu quasiment deux ans pour le truand avant d’effectuer son forfait.
Malgré ce début calamiteux, la partie centrale qui décrit avec force détail l’intrusion de la bande dans la banque est bien plus réussie. Tel un documentaire, Les égouts du paradis s’attarde longuement sur la difficulté de l’entreprise et l’atmosphère folle qui règne au sein de cette équipée sauvage. José Giovanni a toutefois fait l’erreur de confier le rôle principal à un Francis Huster manquant sérieusement de charisme. Assurément très grand acteur de théâtre, il n’a jamais été à l’aise devant les caméras et manque de présence pour être totalement crédible en chef de bande respecté de tous. Au petit jeu des comparaisons, Jean-Paul Rouve était bien plus à l’aise dans son incarnation de Spaggiari (dans Sans arme, ni haine, ni violence, pourtant très perfectible), à qui il donnait une véritable dimension iconoclaste. Très peu convaincant sur le plan formel (image peu travaillée, cadrages hasardeux et musique insipide), Les égouts du paradis, malgré une promotion intense, n’a déplacé que 200 000 parisiens à sa sortie avant de tomber dans un oubli total, finalement plutôt justifié.
Le DVD

Une édition peu performante d’une œuvre dispensable.
Les suppléments
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A part la bande-annonce d’origine, cette galette nous propose un reportage d’époque sur le tournage du film entrecoupé d’entretiens avec Francis Huster et José Giovanni. Intéressant, mais ces cinq petites minutes sont bien frustrantes.
Image
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Comme pour les autres titres de la collection, le film n’a fait l’objet d’aucune restauration et donne l’impression d’assister à une diffusion télévisée. Le résultat est franchement terne et peu attrayant sur le plan esthétique.
Son
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La piste sonore souffre d’un mauvais mixage. Ainsi, les voix sont parfois étouffées, obligeant le spectateur à augmenter le volume au point que les bruits d’ambiance et la musique saturent. On ne note donc aucun confort d’écoute. Déplaisant.