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Les envahisseurs de la planète rouge - la critique

Les profanateurs de sépultures

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- Durée : 1h25mn
- Titre original : Invaders from Mars
- Sortie du coffret DVD : 27 septembre 2011

Petit classique de la SF anticommuniste des années 50, cette série B bénéficie de superbes décors et d’une interprétation correcte, mais pâtit d’un cruel manque de rythme.

L’argument : Un petit garçon observant les étoiles avec son télescope aperçoit une soucoupe volante atterrir. Son père, un scientifique, parvient à rentrer à l’intérieur. Mais quand il revient, il semble bien différent...

Notre avis : Prestigieux décorateur ayant montré l’étendue de son talent dans des œuvres majeures comme Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939), William Cameron Menzies (1896-1957) a parallèlement à son activité favorite mené une discrète carrière de réalisateur. En 1936, il a notamment tourné La vie future, film de science-fiction visionnaire qui a connu à l’époque un énorme succès commercial. C’est sans doute en souvenir de ce coup d’éclat que les producteurs le choisissent en 1953 pour réaliser un autre film de science-fiction. Effectivement, depuis le triomphe de Destination lune (Irving Pichel, 1950), les grands studios reconsidèrent un genre jusque-là confiné à la série B, voire Z. Des films comme Le jour où la Terre s’arrêta (Robert Wise, 1951) popularisent progressivement un genre qui gagne ainsi ses lettres de noblesse.
Mais contrairement au film progressiste de Robert Wise, Les envahisseurs de la planète rouge succombe à la fièvre anti-communiste qui gagne alors les Etats-Unis. Il n’est pas difficile de comprendre que les Martiens qui infiltrent la bonne société américaine en s’emparant des cerveaux les plus brillants ne sont autres que les communistes. Malgré cet aspect propagandiste désormais gênant, le long-métrage arrive à intéresser durant les quarante premières minutes grâce au point de vue adopté par le cinéaste. S’attachant à suivre les pas d’un gamin passionné de science, l’auteur nous plonge durant cette première partie très réussie dans des décors plus grands que nature afin de se conformer à la vision déformée d’un petit gamin (les bureaux des policiers sont gigantesques et les décors extérieurs évoquent certains films muets expressionnistes). Doté d’une esthétique séduisante et de couleurs chatoyantes, Les envahisseurs de la planète rouge nous conte une classique invasion extra-terrestre comme dans les Body snatchers. Si l’on omet le fait que des scientifiques très sérieux n’hésitent pas à recevoir un petit garçon qui parle d’OVNI en l’écoutant avec le plus grand sérieux, cette première partie est plutôt sympathique.
Malheureusement, le long-métrage s’abîme dans la médiocrité une fois que les militaires choisissent de traquer les Martiens. Plombé par de longs tunnels dialogués, par une absence de rebondissements narratifs et par un abus de stock-shots sur des manœuvres militaires (visiblement imposés par les producteurs désireux de maquiller la faiblesse du budget alloué), le film devient ennuyeux dans sa seconde partie jusqu’à un final décevant qui cherche à rationaliser une histoire qui n’en demandait pas tant. Porté par l’interprétation convaincante du jeune Jimmy Hunt (13 ans à l’époque), ce petit film de SF devrait emporter l’adhésion des amateurs de curiosités vintage et laisser de marbre les autres.

Notes :
- Tobe Hooper a réalisé en 1986 un remake de ce film intitulé L’invasion vient de Mars. Dans ce long-métrage, le cinéaste a octroyé un rôle de policier à Jimmy Hunt qui n’avait pas tourné depuis 1954. Bel hommage.


Le film est disponible dans le coffret Destination Mars édité par Artus Films :

Virgile Dumez




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