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Les faucons de la nuit - la critique

Stallone traque Rutger Hauer

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- Durée : 1h39mn
- Titre original : Nighthawks

Cuisant échec commercial lors de sa sortie, ce polar tendu et efficace bénéficie pourtant d’une réalisation dynamique et d’une impressionnante interprétation de la part de Rutger Hauer.

L’argument : Le policier New Yorkais Deke DaSilva n’est pas satisfait de la proposition de ses supérieurs qui désirent le muter dans une section anti-terroriste car il aime son travail. On réserve le même sort à son collègue de travail et ils seront rapidement obligés de livrer bataille contre un terroriste de grande envergure.

Notre avis : Nettement inspiré par la traque du terroriste Carlos, le scénario des Faucons de la nuit devait initialement servir de trame pour un troisième segment de la saga French Connection. Lorsque le projet est tombé à l’eau, le scénariste David Shaber a reconverti son histoire pour en faire un film original, placé initialement entre les mains du réalisateur Gary Nelson qui venait de tourner Le trou noir pour Disney. Exclu du tournage par les producteurs, le cinéaste est remplacé au pied levé par Bruce Malmuth, réalisateur de publicités qui n’avait dirigé qu’une comédie insipide intitulée Fore play en 1975. Parfois secondé par Sylvester Stallone, à qui l’on doit l’excellente séquence de course-poursuite dans le métro (sans aucun doute la meilleure scène du film), Bruce Malmuth s’inspire très nettement de l’esthétique propre aux années 70, notamment dans une première partie qui évoque immédiatement le Serpico de Sidney Lumet.
Habile dans sa description du quotidien de deux flics de terrain joués avec conviction par Stallone et Billy Dee Williams (en pleine ascension depuis sa révélation dans L’empire contre-attaque), le cinéaste parvient également à créer une atmosphère tendue dès qu’il filme l’excellent Rutger Hauer dont ce fut la première expérience hollywoodienne. Grâce au talent fou de l’acteur néerlandais, révélé peu de temps auparavant par les films sulfureux de son compatriote Paul Verhoeven, les séquences d’attentat se révèlent d’une excellente qualité, faisant même froid dans le dos par leur exécution mécanique. Si le scénario n’évite pas les clichés d’usage (le flic séparé de sa femme, les représailles du méchant envers la famille du policier etc...), la réalisation dynamique permet de faire oublier ces lieux communs pour entraîner le spectateur dans une traque haletante.
On peut sans doute regretter que le long-métrage abandonne en cours de route son aspect social pour se concentrer uniquement sur un cinéma d’action plus basique, mais le divertissement est assuré. L’apport de la musique alambiquée de Keith Emerson (du groupe de rock progressif Emerson, Lake and Palmer) et le charisme de tous les acteurs emportent nos dernières réticences face à un spectacle fort agréable à suivre. Pourtant, ce virage effectué par Stallone afin d’échapper à son personnage fétiche de Rocky a été un cuisant échec commercial, que ce soit aux Etats-Unis ou en France. Le film valait pourtant mieux que cela.

Virgile Dumez




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