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Les insatisfaites poupées érotiques du docteur Hichcock / La clinique sanglante - la critique

Kinski et les nymphomanes

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- Durée version italienne : 1h30mn
- Durée version française : 1h24mn
- Titre original : La bestia uccide a sangue freddo
- Année de production : 1971
- Interdit aux moins de 16 ans

A mi-chemin entre le giallo et le film érotique, ce thriller de Fernando Di Leo multiplie les excès en tous genre et s’impose comme un nanar de première catégorie. A réserver à un public averti.

L’argument : Un maniaque sanguinaire investit la clinique du professeur Osterman qui accueille des patientes psychologiquement instables. La terreur s’installe dans la résidence de luxe...

Notre avis : Sorti en France en 1973 sous le titre pour le moins étrange des Insatisfaites poupées érotiques du docteur Hichcock (alors qu’aucun docteur de ce nom n’apparaît dans le film), La bestia uccide a sangue freddo (1971) a été ensuite édité en vidéo sous le titre plus classique La clinique sanglante. Il est également utile de préciser qu’il existe différentes versions du film, dont une version française plus courte de quelques minutes mais qui insiste encore un peu plus sur l’érotisme de certaines scènes. La version originale, celle que nous avons visionné, est légèrement plus longue, mais comporte un peu moins de plans osés. Toutefois, le constat reste globalement le même puisque cette Clinique sanglante, première incursion du cinéaste Fernando Di Leo dans l’univers fétichiste du giallo, est un redoutable échec artistique. Souhaitant se faire une place en tant que réalisateur au sein de l’industrie italienne, le scénariste Fernando Di Leo traite dans ses premiers essais de sujets de société qu’il pimente de séquences insoutenables et putassières. Sa Jeunesse du massacre (1969) a notamment marqué les esprits pour sa scène de viol inaugurale. Opportuniste, Di Leo tente donc en 1971 de surfer sur le succès de Dario Argento et du thriller transalpin appelé giallo en écrivant une intrigue se situant dans un hôpital psychiatrique pour jeunes bourgeoises.
Sans doute conscient de la minceur de son script, Di Leo débute son métrage par la lente présentation des pensionnaires, toutes caractérisées par une maladie spécifique (la nymphomane, l’agoraphobe, etc...). Enchainant les situations les plus grotesques avec une belle constance, l’auteur nous plonge davantage dans une ambiance de film érotique que de thriller. Ainsi, les demoiselles sont systématiquement dévêtues, tandis que leur principale occupation semble être de se caresser dans des poses saphiques typiques d’un certain cinéma d’exploitation des années 70. Au bout d’une demi-heure, le tueur intervient enfin et tue un nombre conséquent de donzelles sans que le reste de la clinique ne s’en aperçoive. Cette totale impunité permet au cinéaste de prendre son temps pour décrire les différents rituels meurtriers et pour déshabiller encore un peu plus ses actrices. Si certains crimes sont plutôt violents, la tension dramatique est systématiquement contrariée par des séquences surréalistes où des nymphettes se masturbent en plein cadre (on est souvent à la lisière de la pornographie).
Autant dire que l’intrigue policière fondée sur un classique whodunit passe totalement au second plan (l’identité du tueur démontre d’ailleurs l’ineptie de tout ce qui a précédé) dans ce pur film d’exploitation qui ne cherche qu’à satisfaire les désirs d’un public venu voir du sang et du sexe. Dans ces deux domaines, La clinique sanglante est plutôt une oeuvre généreuse, mais la gratuité de ces séquences, la maladresse de sa réalisation (le film a été intégralement tourné au grand angle) et la médiocrité de l’interprétation (même Kinski paraît absent) en font un nanar de première classe. Les amateurs de mauvais goût vont se régaler.

Notes :
- Fernando Di Leo trouvera enfin un genre à sa mesure dès l’année suivante avec le poliziottescho (film policier à l’italienne). Il dégoupille en 1972 l’excellent Milan calibre 9 et ne cessera de briller dans ce genre typique des années 70.
- La bestia uccide a sangue freddo a été tourné en douze jours.

Virgile Dumez


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