Durée : 1h02mn
Très court et peu affriolant, ce second film de Marc Dorcel étonne par son total amateurisme. La négation du cinéma, en somme.
L’argument : Un play-boy séduit une jeune femme. Le mari les surprend. Colère bien légitime, mais étrange solidarité entre les mâles qui, devenus complices, vont s’entendre comme larrons en foire pour draguer d’autres filles.
Notre avis : Spécialisé tout d’abord dans la diffusion de roman-photos pornographiques distribués dans des sex-shop, Marc Dorcel trouve un investisseur en 1979 lui proposant de mettre en scène des films vidéos. Cela donne un premier essai intitulé Jolies petites garces (1979) et un second long métrage nommé Les mauvaises rencontres (1980). Ce second titre a d’ailleurs connu un véritable succès en vidéo, ce qui a encouragé Marc Dorcel à persévérer dans la réalisation avant de devenir au milieu des années 80 son propre producteur, puis distributeur.
Si l’on reconnaît dans ce second essai le goût de Dorcel pour les intérieurs bourgeois, la lingerie fine et le clinquant chic qui seront la marque de fabrique de toutes ses productions à venir, on ne peut qu’être déçus par l’indigence du produit fini. Visiblement peu au courant des techniques cinématographiques, Dorcel nous inflige une réalisation qui tient davantage de l’amateurisme. Doté d’une photographie plate et parfois surexposée, ainsi que de nombreux faux raccords, Les mauvaises rencontres déclenche immanquablement l’hilarité devant la médiocrité de l’interprétation. Et que dire de l’ombre des techniciens visible dans le champ de la caméra, si ce n’est qu’elle confirme le peu de soin apporté à cette production au rabais. L’histoire contée n’est guère attrayante et fait l’apologie du viol avec un tel premier degré que cela en devient troublant. Persuadé de la toute-puissance du modèle hétérosexuel, le cinéaste nous convie à l’initiation de deux lesbiennes qui vont découvrir les joies insondables procurées par le sexe masculin.
D’une crétinerie absolue, ce spectacle machiste ne donne lieu qu’à quatre scènes croustillantes fort peu originales. Les ébats terriblement conventionnels ne sortent vraiment pas de l’ordinaire et déçoivent fortement. On est donc loin du fameux Citizen Shane, très bon remake coquin du film d’Orson Welles que Marc Dorcel a tourné quinze ans plus tard.