Le grand retour des Muppets n’est pas le délire escompté, mais une bonne tranche de nostalgie qui s’inscrit plutôt bien au coeur des productions enfantines contemporaines.
L’argument : Walter, le plus grand fan des Muppets au monde, entouré de son frère et de sa belle-sœur, fait tout pour contrer les plans machiavéliques de l’odieux homme d’affaires Tex Richman, qui s’est mis en tête de raser le théâtre des Muppets pour mieux pomper le pétrole récemment trouvé dans son sous-sol. Armé de sa foi inébranlable et de son attachement immodéré pour Kermit, Miss Piggy, Gonzo, Fozzie et de tous les autres, Walter décide de parcourir les Etats-Unis à leur recherche afin d’organiser avec eux une sorte de Muppet-thon qui lui permettrait de racheter le théâtre et ainsi empêcher sa démolition.
Notre avis : Septième film de cinéma du Muppet Show, la série mythique créée par Jim Henson dans les années 70, Les Muppets fait donc suite très tardivement aux aventures spatiales des marionnettes distribuées aux USA en 99, le plus gros flop de la série qui les avaient ringardisé pendant plus de 10 ans. Aujourd’hui, le studio Disney/Pixar a décidé de mettre les moyens pour redonner des couleurs à Kermit, Peggy et les autres pour un reboot plein d’énergie. L’objet de toutes les nostalgies est destiné principalement aux enfants (les numéros chantés appuyés sont un peu sirupeux et ne sont pas ce qu’il y a de mieux dans le film, surtout en VF !) mais aussi aux adultes qui ont bien connu la troupe et qui apprécieront les nombreux gags de mise en abîme, ainsi que les références à des oeuvres matures, comme Le diable s’habille en Prada, puisque la cochonne Peggy s’est exilée à Paris pour devenir rédactrice en chef dans la mode, et son assistante est... Emily Blunt !
Si Disney a propulsé ce nouvel opus dans les salles américaines à Noël 2011 (succès critique et public, avec plus de 88M$ de recettes, quand le premier en réalisait 65M en 79), le studio a préféré un sort de direct-to-vidéo pour la France, où l’on n’a pas la même culture des marionnettes dans les salles (le dernier succès du genre, c’était un peu Dark Crystal en 1983 !). En toute honnêteté, le choix s’avère astucieux tant les délits de niaiserie (les personnages humains incarnés par Jason Segel, également scénariste, et Amy Adams) passent mieux sur le petit écran qu’ils ne seraient passés sur le grand. On s’amuse aisément de retrouver les tics et les sautes d’humeur de nos potes d’enfance, accompagnés désormais par une nouvelle marionnette, Walter, élevée chez les hommes, en compagnie de son frère Jason Segel... Le personnage est charismatique et c’est lui qui va précipiter la réunion de tout le bestiaire des Muppets. Les petites stars sont en effet tombées dans l’oubli, et vont être contraintes de se reformer une dernière fois pour sauver leur théâtre des griffes d’un investisseur peu scrupuleux qui souhaite tout raser. Evidemment, comme pour préparer notre plaisir, les scénaristes vont chercher un à un les fameux visages feutrés du passé au sein de leur nouvelle vie, ponctuée de caméos, avec, pour Walter et ses amis, la délicate mission de les convaincre d’adhérer à ce projet. Le plus difficile étant de convaincre la délirante Peggy, qui est le gros morceau du film, celle qui ravive le plus de souvenirs et engendre le plus de plaisir à nos yeux, quasi ex aequo avec la rainette Kermit.
Si l’intrigue est convenue et le public un peu trop ciblé, on peut se satisfaire du ton humoristique qui se hisse largement au-dessus des films pour enfants où les humains côtoient des personnages en images de synthèse, comme Yogi bear ou les insupportables Alvin & les Chipmunks. Certes, Les Muppets le retour est un spectacle un peu facile, mais il reste de qualité.

Les suppléments :
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Là, c’est un peu la cata, il faudra se contenter d’un bêtisier de 8mn comme seul bonus de cette sortie pourtant importante. Certes, celui-ci permet d’avoir quelques aperçus du tournage, mais il ne remplace pas un vrai making-of et on regrette l’absence de toute document historique sur la saga. On aurait même pu espérer un épisode TV, pourquoi pas... A noter que le blu-ray contiendrait quelques trucs en plus (scènes coupées, commentaires, making-of), rien en tout cas pour faire honneur au succès de cette saga de près de 40 ans.
L’image :
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Image de grande qualité, resplendissante de couleurs ! Certes, la définition n’est pas impeccable, mais elle assure une texture tout à fait suffisante pour le support SD.
Le son :
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L’édition vidéo est agrémentée d’un 5.1 Dolby Digital en VO et VF, avec beaucoup d’agitation dans les arrière pour agrémenter la projection. On reste plus convaincu par la piste originale où le doublage se fond plus harmonieusement dans le contexte sonore.
