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Les neiges du Kilimandjaro - la critique

Robert Guédiguian et la lutte des déclassés

Note moyenne des internautes :

Malgré une fin peu crédible, le retour de Guédiguian dans son quartier de l’Estaque est une franche réussite grâce à une fraîcheur et une spontanéité inimitables. Une tranche de vie à goûter sans modération.

L’argument : Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans... Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent... Ils ont des amis très proches... Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques... Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit... Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.

Notre avis : Régulièrement, le cinéaste Robert Guédiguian revient prendre le pouls de Marseille et de son quartier d’origine, l’Estaque. Comme lors d’un pèlerinage, l’auteur retrouve à la fois un lieu dont il connaît chaque recoin, mais aussi des thèmes qui lui sont chers comme l’amitié, l’entraide entre petites gens et la lutte des classes. A chaque fois que le cinéaste arpente ses terres si familières, il retrouve également le charme fou qui faisait de ses premiers films des îlots de fraîcheur dans un monde troublé par les bouleversements sociaux. Plus de dix ans après le lumineux Marius et Jeannette, Guédiguian se fait ici le témoin d’une nouvelle fracture sociale qui met à mal ses convictions les plus intimes. Effectivement, lui qui fut le chantre d’une classe ouvrière opprimée en lutte contre un système capitaliste carnassier est bien obligé de constater l’effritement de cette solidarité tant chantée. Désormais gagnés par l’individualisme, les ouvriers sont de moins en moins solidaires et pensent avant toute chose à leur petit confort personnel. Alors que les patrons sont de moins en moins facilement identifiables, les petites gens se dévorent entre eux, espérant s’en sortir en écrasant leurs frères de misère. L’agression qui est au cœur du récit est non seulement un révélateur de ce manque de cohésion sociale, mais également un signal fort qu’une jeunesse désoeuvrée envoie à ses aînés.
Se posant la question légitime de l’embourgeoisement de certains ouvriers, Guédiguian réfléchit donc à ce que signifie l’engagement aujourd’hui. Si le constat est plutôt désabusé (le cinéaste évoque notamment le glissement progressif de certains de ses anciens camarades communistes vers l’extrême-droite à travers le discours réactionnaire tenu par Gérard Meylan), le réalisateur tient toutefois à ouvrir son film vers un optimisme modéré qui peine à convaincre. Certes, la fin du film est directement inspirée d’un poème de Victor Hugo, mais elle apparaîtra à beaucoup comme profondément utopique. Peu importe que l’on adhère ou non à ce retournement de situation final puisque Guédiguian a opéré ici un retour gagnant en signant une nouvelle œuvre de grande qualité. Magnifié par une troupe d’acteurs rompus à l’exercice, le film bénéficie de la chaleureuse complicité de tous. Illuminé par une lumière estivale du plus bel effet, Les neiges du Kilimandjaro retrouve l’authenticité des premiers films du cinéaste en parvenant à évoquer un sujet grave avec une justesse de ton de chaque instant. Parfois drôle, souvent amer, mais toujours sincère et chaleureux, ce nouvel opus devrait ravir les fans du réalisateur qui retrouveront avec bonheur sa patte inimitable pour parler des petits riens qui font l’existence.

Virgile Dumez

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Les avis des internautes

 

Les neiges du Kilimandjaro - la critique

Par esdez

BOF... C’est très bien pour le ciné très français, les salles qui ont la bonne idée de programmer ce film seront comblés. Pour nous les thèmes évoqués sont certainement très justes et bien vus, les acteurs font toujours un groupe sympa , l’ estaque toujours aussi photogénique, mais ce film se trouve englué dans une guimauve de bons sentiments qui affaiblissent considérablement cette histoire .

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