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Les noces rouges - la critique + test DVD

Folies bourgeoises

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- Durée : 1h35mn
- Sortie du DVD : 2 juin 2010

Cette énième description de la médiocrité de la haute bourgeoisie provinciale n’étonne guère de la part de Chabrol. Par la qualité de l’écriture et de l’interprétation, elle s’inscrit toutefois parmi ses meilleurs films.

L’argument : L’histoire d’un double adultère et double crime passionnel dont les protagonistes sont des notables provinciaux.


Notre avis : Alors qu’il vient de défrayer la chronique avec le très contesté Docteur Popaul où il dirigeait un Jean-Paul Belmondo en pleine gloire, Claude Chabrol revient en 1973 au genre qui a fait son succès : la chronique de la bourgeoisie provinciale, assaisonnée d’un fait divers meurtrier. Ici, il s’inspire de l’affaire des amants diaboliques de Bourganeuf, un petit village de la Creuse qui a été le théâtre d’un double meurtre visant les conjoints respectifs de deux amants. Toutefois, cette affaire qui se déroulait dans un milieu prolétaire est ici transposée par Chabrol dans la haute bourgeoisie provinciale, milieu qu’il connait particulièrement bien pour l’avoir cotoyé et portraituré dans ses précédents longs-métrages. Là où le cinéaste pouvait se contenter d’évoquer ce simple fait divers sans lui donner de relief, il ajoute au passage une virulente critique politique adressée à la France conservatrice de Pompidou.

A travers le personnage incarné avec gourmandise par Claude Piéplu (dans ce qui reste un de ses meilleurs rôles), le réalisateur dénonce la corruption du personnel politique et notamment la collusion entre petits élus et députés. D’ailleurs, cette approche sans concession de la vie politique française a valu au film d’être interdit de sortie durant un mois afin de laisser les élections législatives se dérouler sans heurt, preuve de la belle clairvoyance dont a su faire preuve son auteur. Porté par une ironie cinglante et un humour féroce totalement jubilatoire, Les noces rouges est aussi l’occasion pour Chabrol de conter une histoire de passion charnelle dévorante dont les protagonistes principaux sont les premières victimes. Alors que Stéphane Audran joue à merveille la partition de la bourgeoise frustrée, Michel Piccoli se glisse avec beaucoup de conviction dans la peau de ce politicien « de gauche » qui n’hésite pas à se compromettre pour assouvir son désir envers une femme mariée. Servi par un trio de comédiens savoureux, Les noces rouges n’apporte sans doute pas grand-chose de neuf à l’univers du cinéaste, mais il procure un plaisir fou qui reste ancré en nous longtemps après la projection. Assurément la marque des grands films.


Le DVD

Une réédition de qualité pour une oeuvre à (re)découvrir.

Les suppléments

Comme sur les autres titres de la collection, le spectateur pourra découvrir la bande-annonce d’origine, ainsi qu’une préface bien renseignée d’Yves Alion d’environ sept minutes. C’est court, précis et forcément frustrant.

Image

Si l’état déplorable du générique de début inquiète fortement, la copie proposée ensuite rend un bel hommage au travail du chef opérateur Jean Rabier. Bénéficiant d’une belle définition, d’un piqué convaincant et de contrastes saisissants, l’ensemble est largement satisfaisant.

Son

Le mono d’origine ne démérite pas, même si on remarque quelques chutes d’intensité par moments. Les dialogues sont parfaitement audibles et la musique ne sature pas. Que demander de plus ?

Virgile Dumez


Biographie

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