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Les quatre de l’apocalypse - la critique

Genèse de la violence

- Durée version intégrale : 1h44mn
- Durée version française censurée : 1h20mn
- Titre original : I quattro dell’apocalisse

L’Ouest américain n’a jamais été aussi sauvage que devant la caméra du misanthrope Lucio Fulci. Mais le scénario n’est pas à la hauteur.

L’argument : A Salt Flat, ville puritaine devenue le repaire du vice et de la violence, les habitants, avec la complicité du shérif, décident de purger la cité. Le moindre délinquant ne résiste pas à l’épouvantable carnage qui s’abat sur la ville. Seuls Stubby, un joueur professionnel, Bunny, une prostituée, Bud, un noir mystique et Clem, un ivrogne à moitié demeuré échappent à la gigantesque tuerie...

Notre avis : Le western spaghetti est déjà un genre moribond lorsque les producteurs italiens adaptent pour l’écran les histoires de Bret Harte, auteur américain de la fin du XIXe siècle. S’inspirant de deux de ses romans les plus célèbres, le scénariste Ennio de Concini - plus de quatre-vingt films à son actif - échafaude une trame pour le moins légère. Chassés d’une ville par ses habitants puritains, quatre personnages forcés de cohabiter s’enfuient à travers l’Ouest sauvage où ils feront de nombreuses rencontres insolites. Sans aucun autre ressort dramatique, l’histoire ne présente en elle-même guère d’intérêt et constitue le point faible d’une œuvre pourtant non dépourvue de fulgurances. La métaphore religieuse est ainsi un peu trop soulignée par la présence de personnages archétypaux, les quatre bannis représentant effectivement chacun un péché capital : Stubby est un joueur professionnel, Bunny vend son corps aux plus offrants, Clem est un alcoolique et le noir un mystique en communication avec les morts. Forcément rejetés par la bonne société, les quatre compères vont être confrontés à la violence d’un Ouest barbare, si peu civilisé que l’on y trouve même des villes fantômes.
Coupables aux yeux du monde, les protagonistes sont en fait innocents du point du vue de l’auteur. Cette naïveté les rapproche aisément des communautés hippies auxquelles on ne peut s’empêcher de penser en voyant ce faux western aux allures de road-movie sous acide. La musique folk utilisée est pour beaucoup dans cette impression, de même que certaines situations étonnantes comme celle du retour des protagonistes à la nudité première ou encore l’évocation de drogues hallucinogènes. Malheureusement, les scènes plus peace and love ne se marient pas de manière harmonieuse avec le style très abrupt d’un Lucio Fulci bien plus intéressé par les cadavres en putréfaction et par la description sans fard d’un Ouest en déliquescence. Le cinéaste signe ainsi quelques plans mémorables, notamment lors des apparitions de Chaco, incarné avec délectation par un Tomas Milian cabotin. Il se régale également à filmer les situations les plus dégradantes et scabreuses, allant même très loin dans l’horreur pure lors d’affrontements riches en hémoglobine avec plans gore et autres scènes de cannibalisme à la clé. Au final, Les quatre de l’apocalypse (1975) apparaît comme un étrange film hybride, totalement désespéré et misanthropique, mais dont l’incohérence des décors et les changements de tons successifs trahissent un manque d’unité préjudiciable.

Virgile Dumez

Biographie

Lucio Fulci, poète du macabre

Maître du gore et du film d’horreur crépusculaire, Lucio Fulci est un artisan qui a œuvré dans tous les genres populaires du cinéma italien.

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