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Les toits de Paris - la critique

L’abandon

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- Durée : 1h38mn

Une œuvre forte sur la solitude, la vieillesse et la mort servie par un Michel Piccoli impérial. Un pur concentré d’émotions.

L’argument : Sous les toits de Paris... la chanson n’est plus la même. Sous les toits de Paris aujourd’hui, il fait très chaud... Surtout quand on est très vieux, très pauvre... Dans les chambres de bonne, on s’éteint peu à peu. Mais on s’étreint aussi... encore. Avant de s’abandonner à la mort...

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© Diaphana Films

Notre avis : Profondément marqué par les conséquences désastreuses de la canicule de 2003 sur les personnes âgées, le réalisateur kurde Hiner Saleem (repéré avec son Vodka lemon) décide d’évoquer cette tragédie humaine sans pour autant se faire accusateur. Préférant se concentrer sur le destin d’un personnage en fin de parcours, le cinéaste signe avant tout une œuvre bouleversante sur la solitude, la vieillesse et la mort. Sans détour, il confronte le spectateur à la déchéance du corps, lorsque les membres ne répondent plus et que tout devient obstacle, lorsque le moindre changement d’habitude s’apparente à un terrible drame. Sur un tel sujet, on pouvait craindre un déferlement de situations mélodramatiques douteuses, mais l’auteur se tire parfaitement de la situation en retenant les leçons de Tati ou d’Iosseliani : en faire moins pour plus d’efficacité.

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© Diaphana Films

Avec ses plans fixes et son absence presque totale de dialogues, Les toits de Paris est une expérience d’autant plus douloureuse qu’elle se vit en silence, ce qui n’exclut d’ailleurs pas des moments comiques ou des échappées poético-oniriques d’une grande simplicité. Et puis, il y a Paris, ville de lumière. Ville riche, mais qui dissimule sa misère derrière ses toits. Hiner Saleem pose sa caméra chez les oubliés, les paumés et autres drogués qu’il filme avec un regard humaniste qui bouleverse. Dans une société productiviste ayant oublié toute notion d’entraide, Hiner Saleem reconstitue une forme de solidarité éphémère et digne. Mais Les toits de Paris n’aurait pas un tel impact sans la contribution majeure de tous les acteurs. Parmi eux, Michel Piccoli livre sans nul doute une de ses meilleures prestations. Il est tout simplement déchirant lorsqu’il appelle son fils et qu’il tombe toujours sur le répondeur. Uniquement par la force du regard, il nous communique la moindre émotion de son personnage. Tout simplement admirable, comme l’ensemble d’une œuvre dure, exigeante, mais qui déploie des trésors d’humanité et d’émotions intériorisées.

Le test DVD

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© Diaphana Films
Virgile Dumez


Biographie

Hiner Saleem

Avec Hiner Saleem, lorsque on devrait en pleurer, on en rit.

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