Accueil > Les réalisateurs > T > Téchiné, André > Les voleurs - la critique

Les voleurs - la critique

Family business

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h57mn
- Sortie : 21 août 1996

Le polar sauce Téchiné : un minimum d’action pour une confrontation psychologique éprouvante entre écorchés vifs.

L’argument : L’histoire d’un policier solitaire rejeté par la plupart des membres de sa famille, dont son père et son frère, qui sont des voleurs de voitures.

Notre avis : Débutant sur l’enterrement d’un criminel et se clôturant par une scène où son jeune fils se réconcilie avec la vie, Les voleurs (1996) est une oeuvre qui avance progressivement vers la lumière, même si les chemins pour y parvenir sont pour le moins sinueux et difficiles. A partir d’une banale histoire policière, les scénaristes imposent une structure originale : le film avance en sens inverse, commençant par un événement majeur qui bouleverse le destin des personnages avant de tout nous expliquer à grand coup de flash-back. Déstabilisant de prime abord, ce parti pris de montage permet de mieux saisir toutes les implications psychologiques issues de la confrontation des personnages. Servi par des dialogues d’une belle justesse, Les voleurs fonctionne par oppositions systématiques : caractères antagonistes, milieux sociaux différents, temporalités qui s’entrechoquent. Ainsi, le flic est issu d’une famille de truands et tombe amoureux d’une délinquante qui le mettra en contact avec une prof de philosophie bourgeoise. La confrontation entre ce type désabusé, froid et cynique, très proche du personnage de L’étranger de Camus, et de cette universitaire idéaliste et passionnée fait tout le charme de ce polar noir.
Porté par un Daniel Auteuil d’une grande sobriété et une Catherine Deneuve qui se consume d’amour, le métrage de Téchiné n’est pas toujours convaincant, notamment dans son unique séquence d’action, mais il bénéficie d’une atmosphère tendue et glaciale saisissante. Infatigable découvreur de talents, le cinéaste donne par la même occasion un coup d’accélérateur aux carrières de Laurence Côte, magnifique créature androgyne et objet de toutes les convoitises ayant obtenu le César du meilleur espoir féminin en 1997, et de Benoît Magimel, jeune loup aux dents longues. Moins abouti que ces deux précédents longs métrages, Les voleurs apporte néanmoins la preuve flagrante du talent de son metteur en scène, capable de nous bouleverser en ne filmant que des regards furtifs et de vaines tentatives de rapprochement entre des écorchés vifs que tout oppose.

Virgile Dumez


Biographie

André Téchiné ou la confusion des sentiments

Un cinéaste des sentiments qui filme la complexité des relations humaines.

Lire la suite

Articles liés

André Téchiné

Benoît Magimel

Daniel Auteuil

Catherine Deneuve

Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis