Durée : 1h47mn
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Lire Lol, le triomphe
Le test DVD
Lisa Azuelos invite Sophie Marceau à une Boum 2.0 plutôt réussie mais invariablement bourgeoise.
L’argument : LOL ? Ca veut dire Laughing Out Loud - mort de rire - en langage MSN. C’est aussi comme ça que les amis de Lola l’appellent. Pourtant, le jour de sa rentrée, Lola n’a pas le coeur à rire. Arthur, son copain, la provoque en lui disant qu’il l’a trompée pendant l’été. Et sa bande de potes a le don pour tout compliquer. Tout comme sa mère, Anne, avec qui le dialogue est devenu impossible, et pas seulement parce qu’elle ignore ce que LOL signifie. Que ses parents aient divorcé est une chose. Qu’Anne traite son ado comme une enfant en lui mentant sur l’essentiel, par exemple sur le fait qu’elle revoit son ex en cachette ou qu’elle se fait draguer par un flic, en est une autre. De son côté, Anne se demande ce qui a bien pu arriver à sa douce petite fille. De la fusion à la confusion, les relations mères-filles bouillonnent d’amour et de LOL.
Notre avis : Lisa Azuelos aime les année 80 et le prouve avec cette comédie entièrement dédiée à la légèreté des teen movies de l’époque, affublée de toute l’armada contemporaine - téléphone et ordinateur portables, SMS et MSN et autres coiffures voyoute des loulous des beaux quartiers. L’hommage est réussi, finement écrit dans le langage régressif des jeunes, loin, dans un genre semblable, de l’épouvantable 15 ans et demi sorti 10 mois auparavant. Avec ses gags loquaces et coquasses, ses quiproquos sentimentaux, son grand déballage de déboires parentaux et sa bribe d’ethnocentrisme primaire lors du voyage en Angleterre (A bas les petites Anglaises, toutes des triso...), le scénario déborde d’énergie, de personnages vivants et de clins d’œil que la réalisation maligne assume avec mimétisme. La fraicheur est donc au rendez-vous, un petit peu trop peut-être tant le personnage quadra de Sophie Marceau (bellissime, comme toujours, dans la peau de la mère de l’héroïne), nage dans une naïveté et une immaturité confondantes avec ses préoccupations maternelles idéalisées.

Si, dans son genre, Lol a toutes les chances de séduire les moins de 16 ans, le public adulte, pour sa part, émettra quelques réserves sur la naïveté du romantisme urbain et tous les clichés du parisianisme primaire, qui éloignent le divertissement de l’universalité sociale propre à bon nombre de teen movies américains. Aussi, quelques mois après la ZEP populaire d’Entre les murs par Cantet, c’est ici à un microcosme branché que la réalisatrice de 15 août et Comme t’y es belle s’attaque. Sa vision lumineuse de l’adolescence est habitée par des figures fantasques dont les seuls problèmes se résument à s’échapper la nuit pour aller jouer de la guitare et ne pas finir à Sciences Po. Aussi, tout ce beau monde, plutôt canon et forcément fumeur de joints - pas grave, maman fume aussi -, confine au Barbie world aseptisé et intrinsèquement superficiel. En ces temps de crise, voilà matière à irriter les ménages modestes, qui pourront clamer une fois de plus leur lassitude face au manque de représentation dont il souffre sur le grand écran, tout en reconnaissant les nombreuses qualités de cette comédie inoffensive et plutôt drôle que les ados adoreront.
