Alors nanar l’adaptation américaine de Lol par sa propre réalisatrice ?
L’argument : Dans un monde connecté en permanence via YouTube, iTunes et Facebook, Lola et ses amis naviguent entre amitié et histoires d’amour de lycée, tout en évitant leurs parents parfois insupportables et dépassés. Quand la mère de Lola, Anne, lit “accidentellement” le journal intime de sa fille, elle réalise à quel point un fossé s’est creusé entres elles...
Notre avis : On aime bien Lisa Azuelos (Comme t’y es belle, mais pas son LOL, phénomène de récréation bourge avec des coupes de cheveux pas possible. Le succès a été retentissant partout en France, se faisant l’écho de celui de La Boum 30 ans auparavant. La réalisatrice maline avait su récupérer les codes de la comédie adolescente américaine pour les réintégrer au coeur d’un grand lycée parisien où histoires d’amour et relations amicales et conflictuelles avec les parents étaient passées au crible avec plus ou moins de lourdeur.
Le succès a immédiatement ouvert des perspectives sur un remake américain, coproduit par les Français à l’origine du hit hexagonal ; ils ont su imposer le nom de la même réalisatrice pour poursuivre l’aventure, avec une sacrée pléiade de vedettes hollywoodiennes pour reprendre les rôles parisiens. Imaginez, Miley Cyrus en Lola, Lol donc..., Demi Moore (qui ne veut pas vieillir, naturellement disons) pour remplacer Marceau, Ashley Greene de la franchise Twilight, le petit prodige de la danse Adam G. Sevani (Sexy Dance 3), Thomas Jane (le héros bien membré de la série Hung), Jay Hernandez, la sulfureuse Gina Gershon en second rôle (c’est la lesbienne perverse de Showgirls !)... Pourtant, malgré tous ces efforts de production, LOL USA a une fâcheuse réputation depuis deux années, tardant à sortir sur le territoire américain (en fait, il semblerait qu’il y soit édité directement en DVD à la fin de juillet) et souffrant d’une côte de popularité alarmante sur IMDB où il fait partie des 50 pires films de l’histoire selon les internautes (une réaction viscérale anti Hannah Montana, plus qu’anti LOL, pour être rationnel).
On avouera ne pas trop trouver de qualité à cette photocopie éhontée de la comédie française, puisque la réalisatrice/scénariste n’a fait que plaquer à l’identique situations et dialogues dans un contexte américain, comme si, de façon un peu présomptueuse, elle s’était persuadée de l’universalité des propos de son succès français. Or le contexte américain ultra stéréotypé ne fait que ressortir les bases superficielles et artificielles du matériau initial (LOL représentait-il la vraie vie des adolescents français ? On en doute encore). La version américaine est infestée d’ados têtes à claques, de bimbos au répertoire consistant à des tics langagiers ("c’est trop..." devenant en anglais "it’s so", sans oublier l’emploi abusif de la négation "not" sous sa forme accentuée !) et de coupes de cheveux identiques aux beaux quartiers parisiens... Le film se complaît dans les effets de mode qui rendent souvent ces jeunes en pleine initiation totalement pathétiques. La belle gueule de musicien qui sert de copain à Lola est l’erreur de casting que tout le monde s’interdirait de faire, mais ici, dans une mouvance très Gossip Girl, il sert de version idéalisée du boyfriend, qui, guitare à la main, se soustrait au joug du père à la fin, comme dans le film d’origine... La salle sourit !
C’est tellement mièvre qu’il devrait, de la part de la réalisatrice, y avoir un minimum de second degré dessous... Que nenni, point de distance ou d’ironie adulte chez la cinéaste qui se contente d’un premier degré qui plombe totalement les propos (ce n’est pas Mean Girls/Lolita malgré moi avec Lindsay Lohan, où l’on se délectait d’une certaine méchanceté). Au final, LOL USA n’est sûrement pas le navet redouté et ne mérite en rien sa réputation désastreuse venue d’outre-Atlantique, on s’amuse même lors de quelques scènes, notamment le voyage scolaire des jeunes américains dans la France profonde. Le résultat est en fait du même niveau que les séries adolescentes dont raffolent les jeunes d’aujourd’hui et s’inscrit dans une tendance qui plaira à son public, mais qu’en tant qu’adulte, on ne nous forcera pas à cautionner !
