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Madonna, que vaut son MDNA ? Critique...

Le 25/03/2012

Lancement en grande pompe lundi 26 mars du 13e album de la star, un mélange détonnant entre Ray of light et Confessions on a dance floor... Critique.

Après la déception artistique du seulement sympathique Hard Candy dont l’opportunisme Rn’B avait déçu jusqu’aux fans les plus irréductibles de l’artiste, sans lui apporter de nouveaux fidèles chez les plus jeunes, accros pourtant à cette tendance musicale, Madonna a pris son temps pour sortir un nouvel opus. Quatre ans exactement. Une absence qui a permis à une génération de wanna-be de tenter de s’accaparer de son trône. Katy Perry, Lady Gaga, Kesha et Rihanna se sont lancées à fond dans la pop électro, avec sensualité et redondance, car trop de bimbos en même temps, alors que Britney n’avait pas encore achevé sa carrière, cela ne leur a pas permis pour autant d’imposer quelque-chose de vraiment nouveau, en déplaise aux tenues excentriquement kitsch de la Gaga que l’on croirait issues d’un mauvais clip des Duran Duran des années 80.
En 2012 Madonna revient donc montrer qui est l’instigatrice du mouvement. Forte d’une participation tonitruante au Super Bowl et malheureuse de deux contre-performances pour les singles préfigurant l’album, l’artiste essaie donc de mettre la mère de famille rigoureuse de côté. Pas facile, toutes ces années de presse people l’ont montrée sage et cultivée, avec une fille rangée loin des dévergondées des filles people trashouilles qui remplissent les poubelles de la presse à scandale. Pire, pendant 4 mois, elle s’est investie dans la promotion d’un film classique, 100% personnel, et d’une maturité qu’elle affichait sur tous les plateaux de télévision, n’en déplaise à ceux qui sont persuadés qu’elle est obsédée par la jeunesse et qu’elle n’acceptait pas son inéluctable vieillissement...
Alors, fâchée depuis longtemps avec la presse, pas très avare en interviews, peu intéressée par les réseaux sociaux surtout par Twitter, la vedette réfute le jeunisme qui lui est facilement attachée en refusant toute promotion canonique. Vous ne la verrez donc pas dans les télé-réalités pour promouvoir son album, puisqu’elle préfère préparer sa tournée qui démarrera à la fin du mois de mai ! Aux questions, elle y a répondu toute sa vie et elle laisse les joies des entretiens bateaux aux petites jeunes qui en ont besoin pour se bâtir un nom et jouer à la vedette. Son dernier album devra se vendre sur son seul nom, uniquement. Star, elle est. D’un autre temps, certes, mais surtout d’une autre trempe. Pourtant MDNA, habile jeu de mot entre le nom d’une drogue de synthèse qui rend accro et M-DNA, l’ADN de Madonna, est un album peu facile à vendre au public contemporain qui méconnaît l’artiste, persuadé que sa carrière n’est que Botox, Playback et usurpation. Il est pourtant la quintessence même de l’artiste, du Madonna pur jus qui rend un hommage à toutes ses époques de célébrité, en privilégiant son rapport à la dance music, aujourd’hui appelée électro, qui a ponctué sa carrière, de son premier album, à l’album remix You can dance (le premier de l’histoire, en 1987), en passant par le titre Vogue, l’album Erotica, Music ou Confessions on a dance floor. Madonna n’exploite pas un genre, elle poursuit avec cohérence une carrière, vers des sonorités plus contemporaines à mi-chemin entre dubstep, techno et trance. Puissant, c’est ce qui vient immédiatement à l’esprit, alors que le premier single, Give me all your luvin, pitrerie bâclée, nous avait foncièrement ennuyé, devenant même l’un de ses pires singles.
Convoquant les bizarreries sonores peu commerciales dans un Gang bang caverneux et à la violence verbale irrésistible, en forme d’hommage assumé à Russ Meyer (faster pussycat Kill Kill) et la beauté poétique lors du titre final de 5mn, Falling Free, aux textes harmonieux qui évoque en plus fouillé musicalement le Mer girl de Ray of light, la chanteuse s’offre de vrais moments de grâce dans MDNA, avec une progression vers une épure que les 6 premiers morceaux électro dance ne laissent pas forcément envisager. En confiant les rênes à des producteurs différents (Martin Solveig, Benassi, Orbit...), la madone évite toutefois le gloubi boulga indigeste à la Hard Candy ou Bedtime Stories ; c’était à craindre et pourtant, jamais le résultat ne paraît hétérogène. Tout tire vers une production construite où l’incroyable armada de sons s’assument en tout cohérence et complémentarité.
On imagine ici les recommandations de l’artiste... de la joie de vivre tout d’abord (Turn up the radio, tube radio potentiel, GMAYL, et Superstar qui passe mieux après 5 écoutes que lorsqu’on l’entend la première fois), pour les titres frais de Martin Solveig qui sont davantage agréables à découvrir dans un ensemble, plus qu’ils ne le sont individuellement. Autre impératif pour la star, de la puissance dancefloor pour se rapprocher du jalon que représente Confessions, avec I’m addicted, une tuerie trance qui évoque toute la puissance des drogues de synthèse qui électrise le corps du clubber, ou Girl Gone Wild, ersatz de Celebration très catchy et sensuel. Et enfin I’m a sinner qui synthétise tous les tubes dance que William Orbit lui a écrit, de Ray of light à Beautiful stranger en passant par Amazing. Une redite ? Non, la chanson a ses développements propres qui prennent des directions inattendues. Et d’ailleurs l’inattendu, c’est justement la troisième obligation imposée par la madone qui, dans le passé, a permis à des chansons singulières comme Justify my love, Erotica ou Bedtime story d’être des singles commerciaux ! Outre Gang bang qui est tout simplement énorme, Love field suit une progression complètement originale, des premières notes au banjo fou aux évocatrices sylvestres, jusqu’aux reprises des boucles de Hung up. La chanson est évolutive et a tout d’un beau single...
Dans cet enchevêtrement de sons tonitruants, trois titres viennent ajouter de leur personnalité, I don’t give A sur sa rupture avec son ex-mari est interprété en duo avec l’animal artificiel Nicky Minaj. L’énergie RnB de la chanson est indéniablement puissante, jusque dans son final épique qui évoquerait presque 300 ou Les immortels ! Some Girls n’est pas sans nous laisser insensible, tellement catchy avec sa mélodie typique du début des années 80, façon French touch pop new wave. Le titre est aussi très proche de How High sur Confessions on a dance floor. Enfin, on peut se poser la question de la pertinence de la présence de Masterpiece sur cet album de 12 titres. Cette ballade où la somptueuse mélodie est à peine diminuée par l’indigence de la musique, est issue du film W.E.et n’a donc rien à voir avec le projet MDNA. Cela s’entend et on ne saisit vraiment pas la pertinence de sa présence, ni même sa sortie en single sur le marché britannique prévue pour le 2 avril, alors que le film Wallis & Edward est sorti Outre-Manche en janvier dernier !
Dans cet album proposé dans deux éditions, l’une standard de 12 titres, et une pseudo limitée avec 4 titres sans grand intérêt qui s’oublient aisément (un conseil, achetez la simple !), la suprématie de la madone sur la nouvelle génération est largement restaurée. Son aisance à synthétiser les humeurs du temps sans jamais pomper ce qui marche ouvertement dans les charts (MDNA, ce n’est ni Rihanna, ni Lady Gaga !) mérite bien plusieurs écoutes et non en streaming de pauvresse sur MSN ou sur Youtube, pour pouvoir approcher ses subtilités. La promo internet de l’album ne rend jamais hommage à l’excellence sonore exponentielle d’un album qui se découvre avec un son non-compressé et avec un excellent système sonore ! D’ailleurs, on aurait beaucoup apprécié l’audace de titres aux enchaînements mixés. Plus que n’importe quel autre concept, celui d’MDNA s’y prêtait largement...

Tout Madonna : ICI

Merci au site Madonnarama.com pour les photos

Frédéric Mignard




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