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Mannaja, l’homme à la hache - la critique

Vengeance aveugle

- Durée : 1h31mn
- Titre original : Mannaja
- Année de production : 1977

Un western crépusculaire efficace à défaut d’être original et marquant la fin d’un sous-genre populaire.

L’argument : Blade, un chasseur de prime habile au maniement de la hache, arrive dans la ville de Suttonville. Cette bourgade corrompue est tenue par le riche propriétaire McGowan qui a autrefois tué le père de Blade. Celui-ci doit mettre sa vengeance de côté lorsque McGowan l’engage pour sauver sa fille...


Notre avis : Le western spaghetti est un sous-genre sur le déclin lorsque les frères Martino, Luciano à la production et Sergio à la réalisation, se lancent dans le projet Mannaja (1977). Ruiné par le déferlement de films parodiques à l’humour grossier, le genre vit ses derniers instants lorsque les auteurs réalisent cette œuvre sérieuse qui se place d’emblée dans la lignée du Django (1966) de Sergio Corbucci ou du Keoma (1976) d’Enzo G. Castellari. Le début du métrage nous plonge ainsi directement dans une ambiance fantastique à la lisière du film d’horreur. Le cinéaste utilise de la brume - en réalité pour masquer l’indigence des décors de cette toute petite production tournée à Rome - et de la boue afin de créer une ambiance crépusculaire qui passionnera tous les amateurs du genre.
Brassant de très nombreux thèmes classiques, le cinéaste multiplie les digressions narratives risquant à chaque instant de perdre toute notion de structure scénaristique. Il évoque ainsi la lutte des ouvriers contre la toute-puissance du grand patronat, tout en inscrivant son histoire dans le schéma classique d’une vengeance personnelle. Il mêle tous ces thèmes politiques à des notations mythologiques, comme la présence des deux chiens du méchant filmés comme de véritables Cerbères. Malgré une mise en scène inspirée, le cinéaste a bien du mal à rendre sa vedette charismatique : Maurizio Merli, plus connu en Italie pour ses rôles de commissaires implacables dans les polars des années 70, ne semble pas très à l’aise dans le costume de l’homme sans nom. Il se fait d’ailleurs régulièrement voler la vedette par les deux méchants magnifiquement interprétés par John Steiner et Philippe Leroy-Beaulieu. En définitive, Mannaja, l’homme à la hache apparaît comme une synthèse de tous les westerns spaghettis, recyclant tous les thèmes sans pour autant les renouveler. Cette absence d’originalité est la seule limite de ce spectacle efficace, violent, sadique et maîtrisé sur le plan de la mise en scène.

Virgile Dumez

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