Accueil > Les réalisateurs > R > Richet, Jean-François > Mesrine : l’instinct de mort - la critique

Mesrine : l’instinct de mort - la critique

L’insoumis

Note moyenne des internautes :

Sans être franchement subversif, ce premier volet de la vie de Mesrine est une biographie élégante et racée, mêlant propos socio-politiques et efficacité à l’américaine. Une réussite.

Lire notre article sur Vincent Cassel

L’argument : Des années 60 à Paris au début des années 70 au Canada, le parcours criminel hors norme d’un petit voyou de Clichy nommé Jacques Mesrine.

Notre avis : Figure mythique du grand banditisme des années 70, Jacques Mesrine a fait couler autant de sang que d’encre à une époque où les journalistes sont à la recherche de scoops pour mieux vendre leurs canards. Peu de temps après sa mort, il a même fait l’objet d’un long métrage opportuniste intitulé tout simplement Mesrine (1983), réalisé par le producteur André Génovès. Laissant loin derrière lui le ratage monumental de ce premier film fauché à la lisière de l’amateurisme, Jean-François Richet offre aujourd’hui une oeuvre de choix (d’une durée totale de 4 heures) à cette légende très controversée.
L’instinct de mort suit le truand durant ses dix premières années d’activités criminelles, à savoir de sa participation à la guerre d’Algérie en 1959 à sa spectaculaire évasion d’une prison canadienne en 1969. Personnage totalement en phase avec les obsessions du réalisateur, Mesrine incarne à merveille l’insoumission d’un homme à qui l’Etat a appris à torturer et à tuer lors d’une guerre injuste - celle d’Algérie. Montrant la fine frontière qui sépare le crime d’Etat du monde des hors-la-loi, Richet ne cesse de souligner le rôle actif des institutions dans la gestation du criminel. Ainsi, à chaque fois que l’homme tente de s’amender ou de retrouver les chemins balisés de la bonne société, il se heurte à un mur d’incompréhension ou à des obstacles insurmontables qui le poussent inexorablement vers son destin d’éternel baroudeur. Au final, le cinéaste prouve une fois de plus que toute société engendre ses propres monstres.
Si le début du métrage souffre d’une réalisation très classique, avec références un peu lourdes au cinéma des années 70 - utilisation un peu superflue du split screen (division de l’écran de cinéma en plusieurs parties) et images volontairement délavées pour mieux coller à l’époque - le metteur en scène semble reprendre ses marques et son efficacité lors de la partie canadienne. Dès lors, sa caméra redevient aérienne et les fusillades évoquent les meilleurs gunfights à l’américaine - le point d’orgue étant l’attaque de la prison, diablement efficace. Aidé par d’excellents maquillages, Mesrine : l’instinct de mort s’inscrit parmi les plus belles prestations de Vincent Cassel, tour à tour fascinant et terrifiant. Il incarne à merveille ce truand charismatique qui, visiblement, fascine totalement le cinéaste. Il est épaulé par une Cécile de France quasiment méconnaissable et un Gérard Depardieu impérial en parrain des bas-fonds parisiens. Si l’ensemble manque parfois de psychologie, force est d’admettre que le spectacle est total et que ceux qui auront goûté à ses charmes y reviendront le 19 novembre prochain pour voir la suite de ce métrage enthousiasmant.

Lire notre article sur Vincent Cassel

JPEG - 76.1 ko
Pathé Distribution
Virgile Dumez

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr

Les avis des internautes

 

> Mesrine : l’instinct de mort - La critique

Par Norman06

Magistral. Une perle noire qui ravira à la fois les cinéphiles et les spectateurs du samedi soir. Jean-François Richet réussit la synthèse entre Melville, Penn et Scorsese, dans ce qui est sans doute l’une des plus grandes réussites du film policier français. Là où le Corneau du remake du Deuxième souffle avait échoué, et où un Olivier Marchal ne s’avérait que bon faiseur, le cinéaste parvient à réussir un biopic bluffant par son montage magistral et sa mise en scène sans esbroufe (remarquables séquences au Québec). L’usage du split-screen est un discret hommage au (...)

>> Lire la suite

Votre avis