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Mondwest - la critique

Yul Brynner fait sa guerre des boulons

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- Durée : 1h28mn
- Titre original : Westworld

Cette première réalisation de Michael Crichton marque davantage par sa vision d’une société entièrement tournée vers les loisirs que par sa réalisation, trop timorée.

L’argument : Au XXIe siècle, en plein désert. Westworld, un gigantesque parc d’attractions, accueille des brassées de touristes venus retrouver leur époque de prédilection, qui la Rome des Césars, qui le Moyen Age de Robin des Bois, qui le Far West des frères Earp. Des robots ultra-sophistiqués, entretenus par une myriade de techniciens, jouent régulièrement des rôles précis et minutés. Ainsi le Tueur noir fait-il la joie des amateurs de westerns et de règlements de comptes. Un grain de sable pourtant suffit à détraquer cette splendide machinerie. Les robots s’affranchissent soudain de leurs maîtres et bientôt, c’est le carnage généralisé...

Notre avis : Après avoir mené des études scientifiques dans les années 60, l’écrivain Michael Crichton a décidé de mettre ses connaissances au service d’intrigues de science-fiction qui ont très vite séduit les producteurs hollywoodiens. Adapté par des cinéastes prestigieux comme Robert Wise (Le mystère Andromède), l’auteur s’estime pourtant trahi par une industrie qui dénature ses histoires et décide à partir de 1973 de passer derrière la caméra afin de livrer une vision de l’avenir aussi personnelle que cohérente. Il débute donc sa carrière de réalisateur avec ce Mondwest qui exploite un thème cher à son auteur : celui du parc d’attraction révolutionnaire qui se détraque. Anticipant de plusieurs années son Jurassic Park, Michael Crichton évoque ici le développement d’une technologie novatrice au service de la société des loisirs. Il prend donc un plaisir certain à décrire un monde factice où des robots télécommandés se trouvent entièrement soumis aux hommes. Durant la première heure du métrage, le cinéaste pose bon nombre de questions fascinantes : est-ce que le fait de se trouver face à des robots implique l’abandon de tout code moral ? Est-ce qu’une société peut se bâtir entièrement sur des rapports de classe ? Est-ce que les riches ont le droit de tout faire à partir du moment où ils le peuvent financièrement ? Est-ce que la technologie, même la plus sophistiquée, peut remplacer l’humain ?
Autant de questions qui demeurent évidemment sans réponse, d’autant que la mécanique narrative pousse le spectateur vers une résolution plus spectaculaire que réellement enthousiasmante sur le plan thématique. Effectivement, si Michael Crichton parvient à opérer le glissement progressif du contrôle absolu vers le chaos avec talent, on ne peut qu’être déçu par le manque d’ampleur des vingt dernières minutes. Sans doute limité par un budget modeste, le cinéaste se concentre sur quelques personnages principaux et élude les scènes de panique pourtant nécessaires afin de créer une impression de chaos. Certes, des cadavres jonchent le sol, mais il manque tout de même une illustration visuelle qui viendrait confirmer la prise de pouvoir des robots. Le duel qui oppose Yul Brynner (en cow-boy tout droit sorti des Sept mercenaires) et le héros du film n’est pas des plus palpitants et rate son objectif. Très ambitieux dans son script, mais trop timoré dans sa mise en forme, Mondwest rate de peu son ambition d’être un nouveau jalon dans l’histoire de la science-fiction. Il propose toutefois une vision stimulante d’une société gagnée par la fièvre des univers virtuels et anticipe donc d’une trentaine d’années certaines thématiques actuelles. Ce qui est bien suffisant pour faire du long-métrage une œuvre intéressante, malgré d’évidents défauts.

Notes et bande-annonce : ICI

Virgile Dumez

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