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Monsieur Woodcock

Bras de croix, bras de fer et bite de bois

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- Titre original : Mr Woodcock
- Durée : 1h30mn

L’inénarrable nanar estival dans toute sa somnolence. Lent, creux, vulgaire et surtout jamais drôle. Et dire que c’est censé être réalisé par un as de la pub ! On a du mal à le croire.

L’argument : Au collège de Forest Meadows, les cours d’éducation physique de Mr. Woodcock sont un véritable enfer. Woodcock ne pardonne aucune erreur, aucune faiblesse à ses élèves, et sa classe ressemble à un camp d’entraînement pour troupe d’élite. Chacun redoute ses moqueries - il faut dire qu’il a un vrai talent pour humilier ses élèves...
Pour John Farley, tout cela n’est plus qu’un mauvais souvenir. Aujourd’hui, John est un écrivain à succès, auteur du best-seller Dépasser son passé. Il a désormais l’assurance d’un homme qui a réussi et il donne des conférences qui inspirent et remotivent des milliers de gens. Lorsqu’il vient rendre une visite surprise à sa mère, il découvre avec horreur que celle-ci file le parfait amour avec l’abominable prof. Forcé de côtoyer son vieil ennemi, John endure à nouveau la souffrance familière des sarcasmes de Woodcock et ses tactiques d’intimidation. Refusant une tournée de promotion de ses livres, John décide de prolonger son séjour chez sa mère dans l’espoir de provoquer une rupture entre celle-ci et son ancien tortionnaire...
Chaque jour qui passe le plonge un peu plus dans l’insécurité et les angoisses de ses jeunes années. Mortifié et pris de panique à l’idée que sa mère puisse épouser l’homme qu’il déteste le plus au monde, John appelle à l’aide son vieux copain d’école, Jay Nedderman. Il est parfois très difficile d’échapper à son passé...

Notre avis : La distribution de Mr. Woodcock sur notre territoire tient du miracle ou de la malédiction, tout dépend du côté où l’on se trouve. Du miracle pour les concepteurs de cette sinistre plaisanterie qui seront ravis de voir leur influence s’étendre en Europe et surtout en France où ce type de comédie, proscrit par le bon goût général (allez, osons l’ethnocentrisme et le patriotisme propre au 14 Juillet, c’est d’actualité), sort directement en vidéo. Et de la malédiction pour les quelques rares spectateurs qui tâteront du gourdin de ce prof ringard et méchant, nommé Woodcock (« queue de bois », vous saisissez la subtilité ?). D’un autre côté, les masos, ils l’auront bien cherché.
Au programme du top navet de l’été, Billy Bob Thornton, qui n’en peut plus de jouer à l’odieux personnage (dans L’école des dragueurs et Bad Santa, il tenait déjà plus ou moins le même rôle). Il incarne ici un prof de sport détestable de tyrannie qui s’acharne sur ses élèves au risque de leur infliger des séquelles psychologiques dramatiques, vivaces encore 10 ans après. Mais, quand l’heure de la vengeance gronde, toutes les tentatives héroïques tombent à plat, car finalement on découvre que le bonhomme n’est pas un si mauvais bougre que cela. Le sous-texte nous convierait presque à penser qu’avec du recul, l’éducation à l’ancienne n’était pas si mal que cela. Arf !
Complètement conservateur dans ses propos souterrains, le divertissement fait l’effet d’un pétard mouillé. Toutes les promesses de gags vraiment sardoniques qui relèvent pourtant la sauce de bon nombre de comédies adolescentes américaines, s’effondrent les unes après les autres. On comprend alors bien vite, au vu du rythme et de l’apathie de la réalisation (l’une des plus ternes dans son genre) que plus rien ne pourra extirper le navet de son trou où il est terré dans toute sa médiocrité.

Frédéric Mignard




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