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Mort du cinéaste Claude Miller

Le 05/04/2012

Le réalisateur des essentiels Garde à vue et L’effrontée vient de nous quitter...

Le cinéaste de Dites-lui que je l’aime (1977) vient de nous quitter à l’âge de 70 ans des suites d’une longue maladie.
Révélé en 1976 avec La meilleure façon de marcher, superbe drame avec Patrick Bouchitey et Patrick Dewaere, cet ancien assistant de Godard et Carné rencontre ensuite Depardieu et Miou Miou pour une sombre histoire d’amour aux portes de la folie, c’est le fameux Dites-lui que je l’aime qui ne laissera aucun spectateur insensible.
Dans les années 80, il poursuit une carrière sans faux pas, avec un Garde à vue mémorable qui sera même remaké par Hollywood. Lino Ventura, Romy Schneider et Michel Serrault sont de l’aventure, dans ce qui reste peut-être aujourd’hui son plus grand film. Il enchaîne en 1983 avec Mortelle Randonnée, toujours avec Serrault, mais aussi avec l’étoile montante Isabelle Adjani. Le film connaît de nouveau son remake américain avec Voyeur à la fin des années 90.
Deux ans plus tard, il fait sensation avec L’effrontée, puis en 1988 avec La petite voleuse, son diptyque adolescent mettant en scène Charlotte Gainsbourg tout droit sortie du duo improbable avec son père, Lemon incest. Deux nouveaux cartons.
En 1992, il dirige Romane Bohringer, la fille de Richard Bohringer, à la carrière alors très prometteuse, dans L’accompagnatrice. Un drame musical en période d’Occupation nazie qui n’a pas le même impact.
S’ensuit des films moindres comme le cocasse et sensuel Le sourire (1994) avec Emmanuelle Seignier, Jean-Pierre Marielle et Richard Bohringer. Un flop. La classe de neige, conte dramatique blanc flocon et Prix du Jury à Cannes, est une autre déconvenue en septembre 1998.
En 2000, sa fantaisie en DV La chambre des magiciennes prend spectateurs et critiques par surprise et s’impose comme une expérimentation un peu folle en milieu hospitalier, avec la curieuse Anne Brochet dont il relance la carrière.
Si en 2001 le très joli Betty Fisher et autres histoires connaît encore le désaveu du public, il se distingue de nouveau en 2003 avec le lumineux La petite Lili d’après Tchekhov, qui met en scène Ludivine Sagnier dans le rôle titre, mais aussi Giraudeau, Nicole Garcia ou encore Jean-Pierre Marielle. Le très académique Un secret en 2007 connaît un certain retentissement grâce à un impressionnant casting : Bruel, Cécile de France, Sagnier, Amalric ou encore Julie Depardieu.
Ses trois derniers films sortis en salle, passés plutôt inaperçus, révèlent des choix étonnants. Marching band, documentaire sur la jeunesse américaine lors des élections américaines (2009), le très âpre Je suis heureux que ma mère soit vivante, coréalisé avec son fils Nathan Miller (2010) ou encore son incursion canadienne avec Voyez comme ils dansent, soulignent sa liberté totale sur ses choix et son affranchissement des critères commerciaux.
Peu avant sa mort, il finit l’adaptation du roman de Mauriac, Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche. Ce retour au succès garanti, déjà adapté par Franju au début des années 60, promettait enfin son grand retour.

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Frédéric Mignard




Biographie

Claude Miller, cinéaste du dérapage intime

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