Grèce antique versus bimbos mode. Du n’importe quoi parfaitement réjouissant !
Qui a dit que la bande dessinée américaine était inculte, et que c’était justement là la raison pour laquelle elle avait créée, via le panthéon des super-héros, sa propre mythologie ? Pas moi. Ni Johns, Grimminger et Guice, un trio d’auteurs ricains en plein trip d’érudition, et qui nous offrent avec le dyptique Olympus un magnifique divertissement qu’il serait dommage de manquer. Qu’on imagine un peu : une bande d’étudiantes en archéologie (et en tout petit bikini, y faut appâter le chaland, tout de même) plongent du côté de la mer Egée dans l’espoir de remonter des eaux quelque précieux vestige. Dommage pour elles : elles remontent la boîte de Pandore, rien de moins. Et les voilà donc balancées, en compagnie d’une bande de contrebandiers qui avaient eu la mauvaise idée de passer par là, en pleine Olympe, assaillies par des harpies et autres cyclopes très peu amicaux.
Le concept pourrait sombrer dans de profonds abîmes de débilité. Mais la nervosité du découpage et la patte graphique de Guice compensent à merveille un scénario qui, il faut bien l’avouer, ne fait que naviguer entre poncifs de blockbusters mainstream et catalogue systématique de créatures mythiques. Qu’on ne s’y trompe pas : même si Olympus fonctionne sur une trame plus basée sur l’action que sur la philosophie grecque, ce dyptique renferme de savoureux moments d’humour et une rythmique impeccable qui fait décoller l’imaginaire au quart de tour. De purs moments de détente comme celui-là - et qui permettent en plus au lecteur de faire le point sur sa culture mythologique - franchement, pour un été réussi, on en demande pas plus et même : on en redemande !