Durée : 1h24mn
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Une ode au conservatisme le plus douteux qui soit. Nauséabonde, abjecte, facho... Les qualificatifs pour décrire une telle œuvre sont nombreux, mais optons pour celui qui lui correspond le mieux : nulle !
L’argument : Bo, débutant dans le vedettariat, n’a vraiment pas de chance. Le voilà victime d’une bande de paparazzi ignobles. Ils sont laids, sales, mal habillés et méchants en plus ! Les gars sont prêts à tout pour voler quelques secondes d’intimité à la nouvelle coqueluche du public, y compris à mettre sa famille en danger ! Et justement, voilà que le fiston chéri se retrouve dans le coma à cause de ces sales brutes épaisses ! Non, ce n’est pas possible, Bo doit réagir. Il pète un plomb et décide d’éradiquer la vermine. Après tout, on ne badine pas avec la racaille.
Notre avis : Plus puant tu meurs... Le conservatisme éhonté refait surface à Hollywood. Produit par un monsieur très bien pensant qui sait clamer à qui veut le savoir que la famille, c’est sacré, en l’occurrence Mel Gibson, Paparazzi reflète bien l’un des deux visages de l’Amérique contemporaine. Malheureusement, ici, ce n’est pas son visage le plus avenant que l’on cherche à mettre en avant, puisque le cinéaste dresse le portrait paranoïaque d’une société obsédée par la sécurité et la vengeance. Sans recul, ni même subtilité, il met en scène les barbaries de son héros bafoué à qui il accorde toute légitimité car sa famille est menacée par des êtres sans scrupules.
Le justicier chez les paparazzi ! Bronson n’est plus, mais les idées nauséabondes de ses films demeurent. Seulement Paparazzi ne possède même pas l’excuse d’être une série B couillue, là où les films de Michael Winner Un justicier dans la ville 1 et 2 (1974 et 1981) s’imposaient comme des succès racoleurs mais efficaces. Mal ficelé, totalement brouillon, Paparazzi est juste consternant d’un bout à l’autre. Rien n’est à sauver, si ce n’est l’âme du spectateur qui peut très bien s’abstenir d’aller voir pareil manifeste pro-Bush !