Durée : 1h50mn
L’argument : Dix-huit réalisateurs filment dix-huit histoires d’amour dans dix-huit quartiers de Paris.
Notre avis : Comment parler d’un tout, d’une œuvre unique quand elle est composée d’une quantité d’éléments narratifs et esthétiques si divers tel que Paris je t’aime ? Le projet, ambitieux parce que si simple dans ses contraintes (Paris, l’amour, un point c’est tout, à vous de voir), débouche sur une foule de points de vues, de styles et de tons qui empêchent de fait toute unité réelle. Paris je t’aime essaye bien de nous faire croire aux correspondances, à un film chorale, en jouant la carte du tout est fait de milles diversités, ce qu’est bien Paris au fond, mais le procédé ne marche pas, cinématographiquement parlant. C’est bien plutôt à un festival de courts métrages que l’on assiste ici. Mis bout à bout, dix-huit courts c’est un peu long, mais une par une, les perles de Paris je t’aime valent bien qu’on y regarde de plus près.
On ne pourra pas reprocher à Paris je t’aime de manquer d’originalité. A quelques courts près, chaque réalisateur c’est acharné à marquer sa différence, à l’excès. Cette différence apparaît d’abord esthétiquement, entre le réalisme social de Walter Salles (Loin du 16e) et le délire horrifique de Vicenzo Natali (Quartier de la Madeleine), le très clipesque Faubourg Saint-Denis de Tom Tykwer et la cartoonesque Tour Eiffel de Sylvain Chomet. Elle apparaît ensuite dans les variations autour de l’amour, qui parlent bien souvent d’un lien fragile, amour naissant (le Marais de Gus Van Sant, les Quais de Seine de Gurinder Chadha)ou "mourant" (La Bastille d’Isabel Coixet), mais aussi autour des relations filiales, comme chez Nobuhiro Suwa (Place des Victoires).
Ne résistant pas toujours à la tentation de la carte postale (les Paris filmés, à l’exception de celui de Salles et de la Place des Fêtes d’Olivier Schmitz, sont un peu trop jolis et touristiques), Paris je t’aime s’intéresse à des Parisiens de passage pour la plupart d’entre eux, touristes ou étrangers. De ce choix inévitable car venu de réalisateurs internationaux se dégage un regard touchant, souvent juste, mais plutôt loin de celui que porterait un vrai Parisien sur sa ville.
Avec son incroyable équipe, de Gus Van Sant aux frères Cohen, d’Olivier Assayas à Alexander Payne, d’Isabel Coixet à Gurinder Chadha, de Natalie Portman à Steve Buscemi, de Fanny Ardant à Gaspard Ulliel, de Juliette Binoche à Willem Dafoe en passant par Elijah Wood et Maggie Gyllenhaal (et on en oublie plein), Paris je t’aime devient fatalement une incroyable pub géante pour la capitale française. C’est quand tous ces courts prennent le temps de réfléchir sur ce qu’est Paris que l’exercice devient intéressant. C’est ce qui fait la différence entre le pédant Quartier Latin de Depardieu, les beaux films de cœur qui en oublient Paris (la Bastille de Coixet, le Parc Monceau de Cuaron), ceux qui saisissent un détail et jouent avec (les Tuilleries des frères Cohen ou la Porte de Choisy de Christopher Doyle), et sans doute le plus abouti de tous, peut-être pas sans raisons en dernière position dans l’ordre de visionnage, le 14e arrondissement d’Alexander Payne, d’une grande justesse, drôle, fin, émouvant. En un mot, intelligent.
Par Norman06
Inégal. Certaines histoires distillent un charme certain. La palme revient à Alexander Payne qui réalise le court-métrage le plus émouvant.
Par sosotess
Paris, je t’aime, c’est avant tout une ode à l’amour, l’amour à Paris, l’amour de Paris. Certains des court-métrages qui composent ce film constituent effectivement un bel hommage à une ville réputée romantique. Pourtant, d’autres courts font totalement abstraction de références à la capitale française, tandis que d’autres sont superficiels, simplistes, voire incompréhensibles. L’ensemble se marie toutefois agréablement, sans choquer malgré le ton différent d’un court à l’autre, et ne tombe pas dans l’écueil du méli-mélo (...)