Passion - la critique

Crime d’amour

Le 11 janvier 2014

Après cinq ans d’absence, Brian De Palma revient en grande forme avec Passion, thriller érotico-manipulateur adapté de Crime d’amour, le dernier film d’Alain Corneau.

Après cinq ans d’absence, Brian De Palma revient en grande forme avec Passion, thriller érotico-manipulateur adapté de Crime d’amour, le dernier film d’Alain Corneau.

L’argument : Christine dirige la filiale d’une grosse agence de publicité. Elle est élégante, puissante, fascinante. Isabelle, son assistante, lui est totalement soumise. Par perversité, par jalousie, ou simplement par jeu, Christine manipule Isabelle. À moins que ce ne soit le contraire…

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© ARP Sélection

Notre avis : Après lecture du synopsis, on comprend rapidement pourquoi Brian De Palma voulait adapter Crime d’amour : manipulation, faux-semblants, vengeance… Autant de thèmes présents dans le dernier long-métrage d’Alain Corneau qui traversent l’œuvre du cinéaste américain, et que ce dernier n’a pas manqué d’exploiter à nouveau. Si la trame de Passion est similaire à celle de Crime d’amour, De Palma a néanmoins fait une petite entorse à son scénario. Plutôt que de confier les rôles d’Isabelle et de Christine à deux actrices de génération différente (comme le réalisateur français l’avait fait avec Ludivine Sagnier et Kristin Scott-Thomas), il a choisi deux comédiennes du même âge, rendant ainsi plus crédible la fascination érotique que voue la première à la seconde. Soit, d’un côté, la blonde Christine (Rachel McAdams), sensuelle et érotomane sur les bords, qui prend un malin plaisir à séduire tous ceux qu’elle côtoie pour mieux les manipuler. Et de l’autre, la brune Isabelle (Noomi Rapace), employée discrète mais talentueuse, complètement subjuguée par sa supérieure.

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© SBS Films

D’abord sans grande conséquence, ce jeu de séduction/manipulation va rapidement prendre de l’ampleur et s’avérer profondément pervers. Après qu’Isabelle s’est réapproprié un projet de pub que Christine lui avait volé, cette dernière (sorte d’antithèse de la blonde hitchcockienne) ne reculera devant aucune humiliation pour rabaisser sa subordonnée, qui encaisse sans vraiment répliquer. Après des débuts un peu mollassons où les personnages semblent prisonniers de leur unidimensionnalité, le film trouve enfin son rythme à mi-parcours avec l’exécution d’un crime, et l’enquête policière qui s’ensuit. Passion prend alors les allures d’un thriller hitchcockien, où les thématiques chères au maître du suspense (faux coupable, meurtre parfait…) côtoient celles du réalisateur de Pulsions. Les rôles se renversent, les certitudes volent en éclat, le tout dans un ballet de manipulations où chaque protagoniste se sert de l’autre avant de se retrouver lui-même dindon de la farce. À l’image de ses personnages, Brian De Palma prend un malin plaisir à manipuler son monde, multipliant les retournements de situation, brouillant les frontières entre rêve et réalité jusqu’à perdre le spectateur dans un jeu de dupe à la conclusion diaboliquement noire.

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Vos avis

  • , par roger w

    Après une première demi-heure déplorable qui fleure bon le cinéma Z tendance érotique des années 80, le film de De Palma retrouve de l’allant lorsque le cinéaste décide d’adopter le point de vue de Noomi Rapace. Le cinéaste se souvient alors qu’il a eu autrefois du talent et il signe une deuxième partie très correcte. Certes, les rebondissements de l’intrigue sont tirés par les cheveux, mais ce jeu très bitchy joué par les deux protagonistes nous donne son lot de bons moments. Au final, le film est nettement meilleur que tout ce qu’a produit De Palma depuis des années, mais cela n’en fait pas non plus un film remarquable. Loin de là.

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