Pekin central

Rires jaunes

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- Durée : 1h32

En 1986, Camille de Casablanca réalisait avec candeur et simplicité son Darjeeling limited et nous faisait découvrir un visage mythique et rare de la Chine. Une rareté non dénuée d’intérêt.

L’argument : Journaliste, marié et père de trois enfants, Yves invite sa maîtresse Valérie en Chine, où il doit effectuer un reportage. Il lui promet également de quitter sa femme, dès leur retour, pour vivre avec elle. A l’idée de cette grande aventure amoureuse, Valérie accepte, enthousiaste. Mais voilà : dès l’embarquement a l’aéroport, où elle fait la connaissance de Bruno, le photographe qui accompagne...

Notre avis : Rien ne prédestinait Pekin central, une charmante comédie des années 80, à l’accueil public timide, à ressortir en salle en 2008 et à connaître simultanément une édition DVD. Et pourtant, le premier film de Camille de Casablanca, fille d’Alain Cavalier, également comédienne et futur réalisatrice d’un film éléphantesque avec Maïté (Le fabuleux destin de Mme Petlet, 1995) fait ce mois-ci un retour discret sur nos écrans. Le regain d’intérêt pour la Chine et les Jeux Olympiques de Pékin y sont sûrement pour beaucoup.
Cette reprise nous permet de découvrir un portrait sociologique unique de l’Empire du Milieu en 1986, comme on la voyait alors rarement, vu la quasi absence de toute fiction occidentale tournée sur le territoire chinois durant cette décennie. Un bon point sociologique pour cette œuvrette assez légère, mais très attachante.
Pekin central est une sorte de A bord du Darjeeling limited avant l’heure, le glamour en moins, l’aspect documentaire en plus. Le récit suit un groupe de touristes français ronchons, assez peu culturels, mais très cul pour beaucoup d’entre eux, qui espèrent trouver à l’étranger ce (et ceux) après quoi (et qui) ils courent tous chez eux. Du sexe hors mariage pour ce macho d’Yves Rénier, de l’amour avec un grand A pour le personnage de Christine Citti, tous deux au point culminant de notre attention dans ce club de rencontres pekinois improvisé. Mais entre les rêves et la réalité, il y a un monde que l’exotisme chinois n’arrive pas à combler et les illusions tombent parfois, sans pour autant briser l’impression de légèreté qui imprègne notre troupe en délire.
Au final, le joli casting, entre maladresse et pertinence ; les dialogues, tantôt plats, tantôt savoureux ; la touche eighties de la musique synthétique (forcément bon marché !) ; tout cela renforce la candeur de cette première réalisation, qui refuse les chichis et les prétentions de bon nombre de productions auteurisantes pour capter en toute simplicité l’innocence de ses personnages (journalistes creux, retraités, un homosexuel...), et l’émergence d’une nation encore bien repliée sur elle-même. La sympathique Camille de Casablanca a bien réussit son coup. Vingt-deux ans après son docu-fiction se suit avec une bonne dose de curiosité et comme le bon vin, se savoure même avec un plus grand plaisir qu’au moment de sa sortie.


Le DVD

Edition sympathique d’une comédie oubliée.

Les suppléments

L’essentiel des bonus se résume à un making-of de 30 minutes du film, parsemé d’interviews contemporaines du casting et de l’équipe technique. Le document est pour une fois instructif et les anecdotes fusent, notamment sur la multiplicité des tâches de l’équipe, l’aspect historique du tournage en Chine, le salaire alloué à chacun... Quant à la réalisatrice, elle revient dignement sur ses intentions, qu’elle n’a, au vu du résultat final, nullement trahies.
En complément, l’éditeur a rajouté une interview sans grand intérêt du cinéaste Wang Bing et une galerie photos.

Image & son

Le travail sur le son et l’image est propre mais sans emphase. Le film est extrêmement daté dans sa forme ; aussi il reste difficilement appréciable sur un plan esthétique et sonore (l’aspect reportage oblige). L’édition DVD n’y est pour rien

Frédéric Mignard


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