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Populaire - la comédie populaire de la fin d’année ?

Frappe comme une dingue

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Un feel-good movie classieux et plein d’entrain dont le charme n’est pas sans rappeler celui de L’Arnacoeur. Un succès "populaire" probable qui saura sans nulle doute dépasser les frontières de l’Hexagone.

L’argument : Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…

Notre avis : C’est en 2004, en découvrant à la télévision des compétitions de dactylographie que le réalisateur Régis Roinsard a eu l’idée farfelue, mais finalement exaltante, de Populaire, un film sur... l’art de manier la machine à écrire avec dextérité et malice.
Ce conte de fées qui s’inscrit dans le cadre des 30 Glorieuses pourrait passer pour une comédie passéiste au ton patriarcal improbable, puisqu’après tout, dans ce film, la femme pense peu, se réduisant à des doigts agiles qui abattent les mots qu’on leur dicte sans chercher à en appréhender la nuance...
Au diable les mauvaises intentions prêtées au cinéaste. Pour son premier film, le plus cher pour une première réalisation (15M d’euros) depuis près de dix ans, Roinsard réussit à séduire aisément sur un sujet aussi peu évocateur sur la papier. A l’instar d’un Intouchables qui pouvait refroidir à la lecture de son synopsis, Populaire ne raconte rien qu’on ait vraiment envie de suivre à l’écran, et pourtant la conjugaison de talents et son point de vue artistique brillant, permettent l’aboutissement d’une oeuvre pleine de finesse écrite pour plaire au plus grand nombre, sans lourdeur, ni maladresse.
S’amusant de la féminité naïve des années 50 et du machisme bienveillant des patrons coqs de l’époque, Populaire associe les personnalités irrésistibles de Romain Duris et Déborah François. Lui est directeur d’un cabinet d’assurance, féru de réussite, et elle, fille de campagne, devient secrétaire, lunaire et maladroite mais véloce quand on lui place une machine à écrire entre les mains. Tous deux s’apprivoisent dans la proximité cocasse du bureau, où ils exercent avec délectation les stéréotypes d’une époque sexiste. Le sentimentalisme qui s’ensuit est évident, Populaire est aussi une belle comédie romantique qui va les pousser dans les bras de l’un et de l’autre...
La réussite de Populaire n’est pas sans rappeler celle de L’arnacoeur de Pascal Chaumeil. On y retrouve la même fraîcheur, un budget luxueux qui offre aux images des allures de blockbusters universels. La compétition de dactylo, filmée avec un suspense réel auquel on se surprend à croire, prend des allures de démonstration de talents destinée à un public très large qui dépasse largement le cadre des frontières nationales. Romain Duris, acteur commun aux deux aventures, est à l’aise et démontre une assurance dans le divertissement qui ne dévalue jamais ses capacités dramatiques.
Comédie irrésistible au goût savoureux de feel-good movie, Populaire est une vraie bonne surprise qui saura, on l’espère, s’imposer en salle, sans le besoin d’un casting à 20 stars, à la différence des Seigneurs, Astérix et Obélix au service de Sa majesté ou encore Stars 80 qui comptent sur leurs grosses têtes d’affiche pour attirer les foules. Populaire mise de son côté sur les épaules frêles de la méconnue (du grand public) Déborah François, ou sur le second rôle de Bérénice Bejo ; c’est largement suffisant tellement elles sont charmantes !

Frédéric Mignard




Les avis des internautes

 

Populaire - la comédie populaire de la fin d’année ?

Par roger w

Ce premier film qui ressemble fort à L’arnacoeur est une comédie enlevée sympathique de bout en bout. Les acteurs sont frais, les dialogues sont piquants, la réalisation est appliquée et la reconstitution d’époque tient la route. Tout ceci en fait donc une comédie très recommandable, même si un peu trop prévisible dans son exploitation de ressorts dramatiques usés jusqu’à la corde (la comédie romantique en gros).

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