Durée : 1h35mn
Un polar à la française très classique dans la forme, mais dont l’ambiance poétique et naïve finit par emporter le morceau.
L’argument : Simon Blount, inspecteur à la section criminelle, trompé par sa femme et un rien alcoolique, rencontre par hasard une jeune fille aux allures d’ange qu’il suspecte bientôt d’être à l’origine d’une série de meurtres.
Notre avis : Après avoir vu un téléfilm de série noire tourné par Edouard Niermans en 1984, le producteur Jacques-Eric Strauss lui propose de remettre le couvert, cette fois-ci pour le cinéma. Guère enthousiasmé par cette commande, Niermans obtient le droit de rédiger un scénario original, plus proche de ses préoccupations personnelles. Pourtant, le projet stagne jusqu’à l’arrivée de deux excellents scénaristes nommés Alain Le Henry et Jacques Audiard. A force de ténacité, ils finissent par donner une structure narrative assez convaincante à ce Poussière d’ange enfanté dans la douleur. Chacun y apporte sa touche personnelle : Niermans insiste pour que le film évoque un univers enfantin, tandis que Jacques Audiard le tire vers la comédie noire. Au final, ils ont donné naissance à un film hybride, mais non dépourvu de qualités.
Tout d’abord, le cinéaste, malgré une mise en scène très conventionnelle, parvient à rendre intemporel son film qui a plutôt bien vieilli. Peu d’éléments, à part peut-être la musique, permettent de dater précisément l’action. Dans cette volonté d’abstraction spatio-temporelle, Niermans réussit à démêler avec talent les fils d’une intrigue pourtant assez peu crédible, faisant appel à de nombreux concours de circonstances. Le spectateur arrive à passer outre car, finalement, la trame policière n’est qu’un prétexte afin de décrire une jolie histoire d’amour impossible entre deux marginaux, véritables anges déchus et déçus par la vie. Ce ton désabusé et assez naïf fait tout le charme de ce petit polar porté par l’interprétation magistrale d’un Bernard Giraudeau alors au sommet de sa popularité après le triomphe des Spécialistes (1985) de Patrice Leconte.
Malheureusement, Poussière d’ange (1987) fut le cinquième échec commercial consécutif de l’acteur en moins de deux ans : la récente crise du cinéma de la fin des années 80 a ainsi remis en cause pour quelques temps son statut de nouvelle star française. Inégal, mais éminemment sympathique, ce deuxième long métrage d’Edouard Niermans mérite une seconde chance.
Le DVD
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Le(s) supplément(s) à ne pas rater : Studio Canal nous offre un entretien avec le cinéaste Edouard Niermans qui revient sur la délicate genèse du projet, évoque ses relations avec Bernard Giraudeau et Fanny Bastien, donne quelques anecdotes sur le tournage et se souvient de la sortie du film. Jacques Audiard et Alain Le Henry, dans une autre interview, ironisent beaucoup sur les difficultés rencontrées lors de l’écriture d’un scénario dont ils ne semblent pas très fiers. Visiblement en désaccord avec la vision du cinéaste, ils préfèrent finir l’entretien en parlant de leur collaboration sur Regarde les hommes tomber (1994) et Un héros très discret (1996). Ce complément de programme très informatif dure une bonne trentaine de minutes et se termine par la traditionnelle bande-annonce.
Image & son : L’image est de bonne qualité dans l’ensemble, même si certains plans paraissent plus neigeux que d’autres. La piste son en mono restauré est, quant à elle, tout à fait acceptable et met bien en avant la jolie musique du film.