Accueil > Les réalisateurs > S > Skjoldbjærg, Erik > Prozac Nation - la critique + le test DVD

Prozac Nation - la critique + le test DVD

United States of depression

Acheter sur Priceminister

- Sortie du DVD : 1er mars 2012

Auscultant le malaise d’une génération, les auteurs de Prozac Nation parviennent à décrire l’état dépressif avec une certaine exactitude. Ils sont aidés par l’excellente prestation de Christina Ricci.

L’argument : Dans les années 80, Elizabeth, jeune femme qui rêve de devenir écrivain, obtient une bourse en journalisme. Elle intègre alors la prestigieuse université de Harvard afin de développer son don pour l’écriture. Intelligente, jolie et populaire, elle va découvrir la vie étudiante et ses excès rythmée par les soirées et les cours dans une course effrénée à la réussite, avant de sombrer dans la dépression...

Notre avis : Suite au succès international rencontré par son excellent premier long-métrage intitulé Insomnia (1997) (qui a d’ailleurs donné lieu à un remake américain éponyme signé Christopher Nolan en 2002), le norvégien Erik Skjoldbjaerg est parti tenter sa chance aux Etats-Unis sans pour autant abdiquer ses prétentions artistiques. Il ne s’est pas retrouvé à la tête d’une grosse production, mais d’une adaptation d’un best-seller écrit par la jeune Elizabeth Wurtzel qui relate sa descente dans l’enfer de la dépression et sa lente reconstruction psychologique. Le cinéaste retrouve ici un style proche de son premier essai puisqu’il cherche à faire ressentir aux spectateurs les effets d’un anti-dépresseur (ce qui rejoint l’atmosphère étrange et cotonneuse d’Insomnia) et cette impression que ressent tout dépressif de ne plus être en accord avec le monde qui l’entoure. Ici, le cinéaste s’attache tout d’abord à décrire le quotidien d’une adolescente mal dans sa peau, mais qui semble gérer la séparation de ses parents et la présence envahissante d’une mère trop possessive avec un certain cynisme. Lorsque la carapace se craquèle, la jeune fille s’enfonce progressivement dans le cercle vicieux de la dépression. Incapable de vivre seule, mais insupportable avec les autres, le personnage incarné avec un réel talent par Christina Ricci est parfois une véritable tête à claque, mais le cinéaste parvient à nous attacher à ses pas grâce à un scénario qui révèle peu à peu les origines de son trouble.
Si Prozac Nation s’avère parfois maladroit, notamment dans la description des relations intimes de la jeune femme avec ses petits amis, le long-métrage trouve son intérêt principal dans la confrontation entre la Ricci, toujours extra lorsqu’il s’agit d’être méchante et hystérique, et sa Jessica Lange de mère. Leurs affrontements savoureux, toujours sous couvert d’amour, font tout le sel d’un long-métrage qui se termine par une belle scène de réconciliation échappant à tout mélodrame. On peut d’autant plus regretter le manque d’inspiration de la mise en scène, sans doute un brin trop timorée par rapport au potentiel cinématographique d’un tel sujet. Parfois franchement immature dans sa volonté d’expliquer le désespoir adolescent, Prozac Nation touche juste dès qu’il aborde le sujet délicat des relations entre parents et enfant. Expliquant avec beaucoup de tact comment l’amour exclusif d’une mère peut étouffer son enfant au point de le précipiter au fond du gouffre, le film de Skjoldbjaerg est certes inégal, mais il aborde des thèmes intéressants avec un point de vue suffisamment nuancé pour être pertinent.


Le DVD :
Cette galette basique nous donne l’occasion de découvrir un film resté mystérieusement inédit chez nous depuis dix ans. C’est déjà çà.

Les suppléments :

A part quelques bandes annonces de l’éditeur (mais pas celle du film !), la section bonus se résume à un court making of d’une quinzaine de minutes. On n’apprend d’ailleurs absolument rien dans ce module purement promotionnel où tous les acteurs se félicitent de leur travail.

Image :

Rien de bien fabuleux. Le transfert proposé paraît franchement terne avec ses couleurs fatiguées et ses contrastes éteints. Le film n’avait certainement pas une esthétique très prononcée, mais il méritait quand même mieux que cette copie digne d’un téléfilm.

Son :

Là encore, pas de scandale, mais un rendu sonore peu enthousiasmant. La piste originale en 5.1 se concentre sur les enceintes frontales, tandis que les arrières servent tout juste à retranscrire les quelques passages musicaux, sans grande conviction. La piste française est correcte, sans plus.

Virgile Dumez


Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis