La comédie gore de l’année 1986 qui révéla Stuart Gordon !
L’argument : L’université d’Arkham accueille un nouvel élève en médecine en la personne d’Herbert West. Celui-ci se met en tête de pouvoir, au travers d’expériences prohibées, redonner vie aux morts...
Notre avis : Avec 635.000 entrées réunies en mars 1986, Re-animator est l’un des films d’horreur les plus consensuels jamais exploités sur notre territoire. Il s’agissait pourtant d’une toute petite production indépendante, produite par le studio Empire, distribuée par un indépendant, avec des images chocs, gore à l’extrême... Une carrière française surréaliste pourtant à l’image du carton mondial de cette série B qui s’est instantanément retrouvée estampillée "oeuvre culte".
Ce jalon des années 80 est né de la collaboration entre le producteur Brian Yuzna et le jeune réalisateur Stuart Gordon. Leur approche burlesque et gore d’une nouvelle de H.P. Lovecraft n’est pas sans rappeler le Evil dead de Sam Raimi. De l’horreur viscérale, avec une horde de zombies déambulant dans un lieu clos, ici une section d’un hôpital... Le tout animé par les expériences d’étudiants en médecine qui se prennent pour dieu alors que celui-ci, c’est bien connu, a horreur de la concurrence (dixit l’accroche publicitaire du film). L’humour aux confins du monde du cartoon, avec notamment dans le rôle du médecin patibulaire, Jeffrey Combs, évoque fortement Sam Raimi et sa complicité avec Bruce Campbell, alors que s’agite des monstruosités sanglantes originales comme l’attaque d’un intestin possédé par la faim...
La réalisation efficace, le sens du rythme et de l’ambiance de Stuart Gordon, fortement aidé par la musique culte de Richard Band (oui, oui, le frère du nabab du bis Charles Band), font de ce spectacle rouge ratatouille un classique intemporel toujours digne d’intérêt plusieurs décennies après. Si Stuart Gordon continua une carrière intéressante (Dolls, From Beyond, Fortress, Stuck), c’est le producteur Brian Yuzna qui poursuivit la franchise des Re-animator avec une suite tardive (Re-animator II, en 1989) née dans la douleur en raison de gros différends financiers avec le patron d’Empire Pictures Charles Band. Yuzna avait été plus ou moins écarté des bénéfices énormes amassés par le premier film. Une expérience amère qu’on ne partage nullement lors du visionnage. Fort heureusement.
