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Recherche bad boys désespérément - la critique

Cruche toujourse

Peu drôle, à peine romantique et pas vraiment agitée de l’action, l’adaptation cinématographique de Stéphanie Plum avec Katherine Heigl déçoit sur toute la ligne.

L’argument : Stéphanie Plum ne manque ni de fierté ni d’aplomb, même si elle vient de se faire virer et qu’un créancier vient lui prendre sa voiture. Fauchée, elle parvient à convaincre son cousin, un type plutôt louche, de l’engager dans son agence de cautionnement... comme chasseuse de primes ! Stéphanie n’y connaît rien, ce qui ne l’empêche pas de se lancer aux trousses de Joe Morelli, un ancien flic suspecté de meurtre qui avait eu en plus le mauvais goût de la séduire avant de la plaquer lorsqu’elle était au lycée… Entre l’envie d’empocher la prime et un léger parfum de revanche, Stéphanie est remontée à bloc.
Pourtant, même si le très expérimenté Ranger lui enseigne quelques trucs, sa mission va vite s’avérer plus compliquée que prévu. Si on ajoute à cela sa famille envahissante, un boxeur qui pourrait bien être un tueur, des témoins qui tombent comme des mouches et son cœur qui bat la chamade pour celui qu’elle est censée arrêter, le nouveau job de Stéphanie risque de lui changer la vie – si elle n’en meurt pas !

Notre avis : Katherine Heigl porte l’intégralité de Recherche Bad Boys désespérément sur ses frêles épaules et ses infatigables gambettes d’égérie de romcoms américaines. Doit-on aussi lui imputer l’échec de la première adaptation des aventures de Stéphanie Plum à l’écran ? L’héroïne de la série littéraire de Janet Evanovich connaît effectivement des débuts difficiles sur le grand écran, près de 18 ans après le lancement de la saga (La prime a été publié en 1994). Face à un scénario épais comme un napperon, la star de 27 robes échoue à apporter tout l’entrain nécessaire à cette comédie policière. Devenue chasseuse de primes de charme pour arrondir ses fins de mois très difficiles, la comédienne court après le mâle malabar, un flic accusé de meurtre, qui va vite la retourner comme une crêpe, tandis que dans sa quête de l’homme à la tête mise à pris, elle peut compter sur les charmes d’un autre agent du recouvrement choc (accessoirement mec à gros bras, fantasme d’hétérote). Il va sans dire que pour le public féminin, tout l’intérêt du film réside dans les situations d’ambiguïté entre le personnage d’action un peu fleur bleue jouée par Heigl et les figures masculines qui l’entourent, des clichés de virilité pour lesquelles elle aime basculer (Do you remember Gerard Butler dans L’abominable vérité ?).
Bref, derrière ce titre en forme d’hommage aux comédies féminines des années 80 (Recherche Susan désespérément), se cache un produit calibré pour les célibataires endurcies qui vend du coeur de romance plus rance que romantique, et où l’intrigue policière n’est qu’un prétexte sur lequel il est difficile de compter pour égayer une projection décidément fade.

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Frédéric Mignard

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