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Durée : 2h
Titre original : Corri uomo corri
Année de production : 1968
Sympathique de bout en bout, ce western zapata évoque la révolution mexicaine avec une certaine désinvolture. Toutefois, le manque de subtilité du script et de l’interprétation desservent le discours révolutionnaire du cinéaste.
L’argument : En prison, Cuchillo rencontre Ramirez avec qui il s’évade. Ils se rendent dans le village de Ramirez. Reza, un bandit, et sa bande recherchent un trésor dont Ramirez est le seul à connaître la cachette. Avant de mourir, il tend à Cuchillo un journal. Celui-ci part avec le document mais plusieurs personnes le poursuivent...
Notre avis : Lorsque Sergio Leone lance la mode du western spaghetti au milieu des années 60, le réalisateur Sergio Sollima profite de l’aubaine pour rendre un hommage appuyé au cinéma américain qui a enchanté son enfance grâce à Colorado (La resa dei conti en 1966) où il réunit Lee Van Cleef et Tomas Milian. Pour ce dernier, il crée un personnage qui ne se sert pas d’armes à feu, mais qui manie avec dextérité des couteaux, d’où son surnom de Cuchillo. Le film est un énorme succès, ce qui encourage Sollima à poursuivre dans le genre avec Le dernier face à face (1967), assurément son meilleur film. Désormais auréolé par deux belles réussites, le réalisateur choisit d’exploiter une fois de plus le personnage de Cuchillo dont il fait cette fois-ci le héros principal d’un long-métrage sur la révolution mexicaine. Ainsi est né Saludos hombre (1968) qui s’inscrit dans la lignée du western zapata.

Toutefois, si le cinéaste, lors des entretiens qu’il a accordés, insiste sur le fait que ce troisième western est son film le plus politique, on est en droit d’être déçu par cette dimension du récit, sans grande nuance. Certes, on trouve bien une bande de brigands sans foi ni loi parmi les Mexicains, mais l’ensemble de la population semble bien soutenir l’effort révolutionnaire voulu par quelques leaders charismatiques. De même, on ne doute pas un seul instant des bonnes intentions du personnage incarné par Tomas Milian, alors qu’il doit acquérir de l’or destiné à armer la révolte. Là où Le dernier face à face faisait preuve d’une belle ambiguïté thématique et politique, Saludos hombre chausse avec une habileté toute relative les pas d’un discours gauchiste téléphoné.

Malgré ce manque évident de subtilité dans le traitement du sujet, ce western se laisse cotoyer par la puissance de jeu de Tomas Milian et la participation étonnante de deux femmes aux caractères bien trempés interprétés avec conviction par Linda Veras (revue dans Sabata l’année suivante) et la cubaine Chelo Alonso (une habituée des péplums exotiques qui pullulaient en Italie). Par contre, on est en droit d’être plus réservé quant à l’implication du franco-irlandais Donald O’Brien qui commençait avec ce film une seconde carrière en Italie (on l’a revu dans bon nombre de westerns spaghetti, puis dans des films d’horreur Z de Bruno Mattei et Lucio Fulci). Particulièrement inexpressif, O’Brien n’apporte aucune crédibilité à son rôle de mercenaire américain pompé sur l’homme sans nom.
Doté de péripéties sympathiques et d’un humour bienvenu, Saludos hombre est donc un divertissement de bonne qualité, soutenu par une réalisation carrée de Sollima. Il ne s’impose toutefois pas comme un jalon indispensable du genre. D’ailleurs, s’il a connu une certaine notoriété dans son pays d’origine, il n’a pas du tout fonctionné à l’étranger.
