Les débuts hésitants de Jean-Paul Rouve derrière la caméra. Ennuyeux malgré un sujet en or.
L’argument : Appréhendé en 1977 pour avoir conçu, organisé et réussi le célèbre casse de Nice, Albert Spaggiari s’évade du bureau du juge d’instruction. Pendant des années, il va rester insaisissable, résistant à toutes les tentatives de la police. Au cours de sa cavale fabuleuse en Amérique du Sud, il multiplie les rencontres avec des journalistes, fait des photos en forme de pied de nez facétieux au public français.
Notre avis : Jean-Paul Rouve a voulu se faire plaisir en évoquant les fantômes de son adolescence : la fin des années Giscard, le début de celles de Mitterrand, les pulls Jacquard, les grandes heures de Paris Match, la variété française, le papier peint dégueulasse et Albert Spaggiari. Après tout il n’y a aucun mal à cela. Le problème ici, c’est la transmission de ce plaisir. On a la désagréable impression que l’ancien Robin des Bois n’a pas vraiment su trouver le ton de son premier long-métrage. Comédie, film de braquage, biographie, reconstitution d’une époque, c’est un peu tout cela à la fois. Mais cette addition s’annule automatiquement et entraîne un ennui poli chez le spectateur. Rouve a beau évoquer Cassavetes, il manque à son film un supplément d’âme et une bonne dose d’humanité qui auraient évité à tout ce beau monde de se figer comme dans un musée de cire. Même le générique évoque plus la série Mannix que Bullit. Dommage car le personnage de Spaggiari est fascinant et l’interprétation de l’acteur/réalisateur rend plutôt bien l’ambiguïté du braqueur qui voulait être une star. On ne peut pas en dire autant du reste du casting. Cela commence à être pénible de voir toujours les mêmes seconds rôles (en l’occurrence Lellouche et Taglioni) dans la production hexagonale...
Notre sincère sympathie pour Jean-Paul Rouve ne parvient donc pas à susciter l’indulgence devant ce film à la petite semaine. Espérons tout de même qu’il parvienne à faire sauter la banque lors de ses probables futures réalisations. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.


Le DVD
Une édition collector qui s’avère parfois plus intéressante que le film lui-même.
Les suppléments
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Ceux qui n’achèteront que l’édition simple devront se contenter d’une simple bande-annonce. Nous conseillons donc l’achat de la version collector qui propose deux documents de choix. Tout d’abord un making of de vingt quatre minutes qui nous plonge avec bonheur dans l’ambiance (heureuse) du tournage. De quoi confirmer la force de sympathie d’un Jean-Paul Rouve très à l’écoute de son équipe. Ce document à la fois drôle et émouvant est une très bonne surprise. Le deuxième bonus passionnant est constitué par le regroupement de trois entretiens avec le vrai Albert Spaggiari. D’une durée conséquente d’une heure, ce reportage permet de mieux connaître et apprécier ce personnage haut en couleurs, aussi fascinant qu’irritant dans sa volonté de se mettre systématiquement en avant. Sa confrontation avec Bernard Pivot reste un grand moment de télévision à redécouvrir. Restent à consulter une galerie photo et quelques teasers internet pour clore des suppléments peu nombreux, mais essentiels.
Image & son
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L’image ne souffre d’aucun défaut et retranscrit à merveille les teintes colorées du soleil et de la mer, ainsi que le noir caverneux des égoûts. La piste sonore en 5.1 est d’une belle ouverture, même si elle reste souvent frontale par le caractère bavard du métrage. On notera la présence bienvenue de sous-titres pour malentendants.


