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Schizophrenia, le tueur de l’ombre - la critique

Le film de psychopathe le plus fou ?

Note moyenne des internautes :

Film culte injustement méconnu, cet unique long-métrage du cinéaste Gerald Kargl s’impose comme une expérience hors norme, terriblement inconfortable et dérangeante. Quelque part entre Haneke et Gaspar Noé.

L’argument : Pistolet à la main, un homme frappe à la porte d’une bâtisse et tue la vieille dame venant à sa rencontre. Un meurtre peu discret qui causera sa perte : arrêté par la police, il est enfermé in extremis en prison, avouant même qu’il n’avait aucun mobile. Les années passent, et l’homme est relâché ; toujours enclin à semer la mort sur son chemin. La sélection des victimes commence...

Notre avis : Si un certain nombre de longs-métrages ont tenté depuis les années 60 de pénétrer la psychologie malade de tueurs sanguinaires (on pense évidemment à Psychose, mais également à Deranged ou encore au très troublant Maniac de William Lustig), peu de films peuvent se targuer de déranger autant que ce Schizophrenia, le tueur de l’ombre (1983), œuvre autrichienne culte uniquement sortie en VHS sur notre territoire durant les glorieuses années 80. Inspiré par les actes criminels du serial-killer autrichien Werner Kniesek, le scénario nous invite à suivre quasiment en temps réel les agissements d’un meurtrier qui sort tout juste de prison et qui décide de récidiver aussitôt sa libération effective. A l’aide d’une voix-off inquiétante qui reproduit d’ailleurs des phrases entières issues du journal d’un vrai serial-killer, le cinéaste nous fait pénétrer dans la psyché dérangée d’un monstre qui va à nouveau assassiner une famille bourgeoise sous nos yeux.
Si le postulat de départ semble très proche de l’œuvre d’un autre autrichien célèbre (on pense inévitablement au Funny games d’Haneke, tourné quatorze ans plus tard), l’unique long-métrage de Gerald Kargl s’en distingue totalement par sa réalisation, complètement azimutée. Grâce à l’emploi d’une grue et de divers autres stratagèmes, le cinéaste ne filme jamais à hauteur d’homme. La caméra, toujours trop haute ou trop basse, ne semble jamais tout à fait à sa place, renforçant le malaise qui s’empare rapidement du spectateur. En multipliant les cadrages biscornus sur des décors eux-mêmes peu crédibles (l’intérieur de la maison paraît incroyablement vide), Kargl accentue un peu plus l’inconfort du spectateur, déjà bien malmené par les réflexions délirantes du tueur et son extrême violence lorsqu’il passe à l’action. Les séquences de meurtres, sans être graphiques, s’avèrent particulièrement éprouvantes à cause de l’hystérie qui se dégage de la réalisation et de l’interprétation hallucinée de l’excellent Erwin Leder.
Si l’emploi systématique de la voix off permet de créer une distanciation nécessaire entre le film et le spectateur, la superbe partition musicale de Klaus Schulze propulse quant à elle le long-métrage du côté de la production de genre transalpine (on songe forcément aux créations des Goblin pour Dario Argento). Hallucinante à plus d’un titre, Schizophrenia est une œuvre qu’il ne faut assurément pas mettre entre toutes les mains, une expérience hors norme qui a beaucoup influencé des auteurs comme Haneke ou encore Gaspar Noé et qui vous hantera pendant très longtemps après sa projection.

Virgile Dumez

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Les avis des internautes

 

> Schizophrenia, le tueur de l’ombre - la critique

Par pateris

A noter que ce film, pourtant menacé de censiure, fut magistralement ignoré par la critique qui monta au créneau pour le nettement inférieur "Henry". Comme quoi il vaut mieux être né dans le bon pays pour être kritikement correct...

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> Schizophrenia, le tueur de l’ombre - la critique

Par Frédéric Mignard

Mise en scène malaisée, point de vue tordu... Un film oublié qui mérite de venir refaire de l’ombre aux autres films coup de poing autrichiens, Funny Games en premier.

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> Schizophrenia, le tueur de l’ombre - la critique

Par pateris

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