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Sexe, mensonges et vidéo - La critique

Une bande vidéo bien montée

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Note moyenne des internautes :

PALME D’OR, Cannes 1989

Une magnifique description des frustrations et névroses de la middle class américaine. Glacial, sensuel et cérébral.

L’argument : Graham revient dans sa ville natale chargé de bagages quelque peu originaux : une collection de cassettes vidéo où des femmes exposent, face caméra, les détails de leur vie intime. Il fait la rencontre d’Ann, la femme d’un ancien copain de fac, qui est tout d’abord choquée lorsqu’elle découvre les cassettes. Puis elle décide de se confesser à son tour lorsqu’elle apprend que son mari la trompe avec sa propre sœur.

Notre avis : En 1988, le jeune réalisateur indépendant Steven Soderbergh écrit l’histoire de Sexe, mensonges et vidéo en moins de deux semaines et le tourne pour une somme tout à fait dérisoire. Rien ne laissait présager le destin extraordinaire de ce premier film d’un total inconnu. Effectivement, en parfait représentant d’un certain cinéma indépendant américain, le film a parcouru les festivals du monde entier et, à la surprise générale, a obtenu la Palme d’or à Cannes en 1989. Une brillante carrière commerciale s’ouvre alors, aidé en cela par un titre particulièrement racoleur.
Pourtant, ceux qui s’attendent à un déferlement de scènes osées peuvent d’ores et déjà aller se rhabiller puisque Sexe, mensonges et vidéo est avant toute chose un film psychologique à l’ambiance glaciale. Ici, la libido prend la forme d’une logorrhée verbale ininterrompue, le cinéaste choisissant de filmer les confessions intimes de personnages mal dans leur peau. A l’aide d’une mise en scène en tout point minimaliste et d’une musique discrète mais superbe, Soderbergh parvient à rendre les mots sensuels et dresse un constat accablant de la sexualité aux Etats-Unis, où les interdits favorisent les frustrations.
La caméra dont se sert le personnage incarné par James Spader est bien sûr l’extension phallique de cet homme impuissant, mais elle fait surtout écran entre le monde extérieur et son for intérieur blessé. L’écran vidéo (ou de cinéma) devient un refuge, un moyen de ne pas intervenir dans la vie d’autrui afin de se protéger et de s’enfermer dans une confortable névrose. Il est donc naturel que le personnage d’Andy Mac Dowell soit attiré par lui puisqu’elle aussi se réfugie dans un mariage raté, mais confortable, avec son avocat de mari. Finalement, à la fin du film, le spectateur assiste à la bouleversante libération de deux êtres blessés par la vie. Mais cette œuvre profonde est aussi une brillante mise en abyme du travail d’un "cinéaste" et de son rapport ambigü avec ses "acteurs". Avec un grand sens de l’épure, le réalisateur filme un scénario brillamment écrit, avec de beaux personnages magnifiés par un casting impeccable, dominé par un James Spader plus troublant que jamais (il a obtenu à Cannes le prix du meilleur acteur). Même si Steven Soderbergh ne tarda pas à décevoir les attentes en filmant un peu tout et n’importe quoi, son premier film a de quoi grandement satisfaire tous les amateurs d’un certain cinéma indépendant.

Virgile Dumez


Biographie

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Les avis des internautes

 

> Sexe, mensonges et vidéo

Par babay

Revu ce film il y a quelques jours : ça a super mal vieillit !!! J’en avais gardé un souvenir époustouflant et là j’ai été très déçu. Les images font viellotes, les dialogues aussi. Dur quand un mythe tombe...

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