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Shalako - la critique

Bardot, dame chasseresse

Sean Connery et Brigitte Bardot dans un western britannique. Vous n’y croyez pas ! Nous non plus.

L’argument : Un chasseur chevronné vient en aide à un groupe d’Européens qui se sont imprudemment aventurés en territoire indien lors de leur partie de chasse.

Notre avis : Librement inspiré d’un roman de Louis Lamour, Shalako (1968) a la particularité d’être un western européen, et plus particulièrement britannique. Alors que l’Italie est devenu le champion du genre, les producteurs anglais tentent ainsi de se lancer dans l’aventure westernienne en espérant récolter les fruits d’un beau succès commercial. Pour cela, ils mettent tous les atouts dans leur jeu : ils parviennent notamment à engager Sean Connery, tout juste libéré de son contrat envers la saga James Bond. Ce dernier rêvait d’être le héros d’un western et il compte bien saisir sa chance, d’autant que le réalisateur n’est autre que le grand Edward Dmytryk, le cinéaste de La lance brisée (1954) ou encore de L’homme aux colts d’or (1959). Ce que ne pouvait pas prévoir Sean Connery, c’est qu’on lui adjoindrait comme partenaire féminine Brigitte Bardot afin de profiter d’un énorme coup de publicité vantant l’association de deux stars au sommet du box-office. De même, il n’avait sans doute pas remarqué que la production du réalisateur américain était en plein déclin sur le plan artistique depuis quelques années déjà. Finalement, le tournage à Almeria en Espagne s’est rapidement transformé en un cauchemar, notamment à cause de la présence de B.B., star capricieuse et sans cesse pourchassée par les paparazzis.
Sans être désastreux ou franchement déshonorant, le résultat final est clairement décevant. Tout d’abord parce que le réalisateur n’a pas su couper des séquences qui allongent inutilement un film à l’intrigue minimaliste, dont on se contrefiche assez rapidement. Ensuite, la présence de Brigitte Bardot plombe le métrage car l’actrice n’est visiblement pas à l’aise du tout dans le rôle d’une aristocrate guindée (l’antithèse de ce qu’elle pouvait être). On est même étonné de la découvrir en train de chasser des animaux sauvages – ce qui doit en faire aujourd’hui le film qu’elle déteste le plus. Même Sean Connery semble perdu, d’autant que son association avec B.B. ne fonctionne absolument pas à l’écran. Enfin, si l’on excepte une très bonne séquence d’action au centre du métrage (l’impressionnante attaque du camp retranché par des indiens), Shalako pâtit d’un cruel manque de rythme qui en fait un western sous Prozac. Si l’ensemble se regarde donc d’un œil distrait, on peut comprendre l’exécrable réputation que ce ratage de Dmytryk se trimballe.

Virgile Dumez

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