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Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur - la critique + le test DVD

Sherlock Holmes, the very best of

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- Durée : 1h35mn
- Titre original : A study in terror
- Sortie du DVD : 22 septembre 2010

L’un des meilleurs Sherlock Holmes, même si le film est une aventure originale qui n’a rien à voir avec l’oeuvre d’Arthur Conan Doyle.Esthétiquement superbe, ce polar angoissant passionne de bout en bout.

L’argument : Sherlock Holmes enquête sur une série de meurtres de prostituées et traque Jack l’Eventreur. Ses investigations le conduisent des bas-fonds du Londres victorien aux quartiers les plus huppés de la capitale. Le limier démasquera finalement le coupable.

Notre avis : Alors que les films produits par la Hammer ne cessent depuis la fin des années 50 de ressusciter les mythes du fantastique gothique, le scénariste Donald Ford a l’idée d’opposer deux figures mythiques de l’imaginaire anglo-saxon. Du côté du crime, on retrouve l’implacable tueur de prostituées Jack l’éventreur qui a réellement terrorisé le quartier populaire de Whitechapel à la fin du 19ème siècle, sans que l’on découvre sa réelle identité. De l’autre, Ford a eu l’ingénieuse idée de confier l’enquête au plus fin limier de toute la littérature britannique, à savoir Sherlock Holmes, personnage littéraire créé initialement par sir Arthur Conan Doyle. Volontairement fantaisiste, la proposition du scénariste tient particulièrement bien la route grâce à une histoire tortueuse qui oblige le détective à enquêter aussi bien dans les bas-fonds londoniens que dans les plus hautes sphères de la bonne société. L’occasion de fournir un aperçu des immenses inégalités sociales qui rongeaient alors le pays.
Toutefois, il ne s’agit aucunement ici d’intellectualiser un long-métrage dont le but est esentiellement de divertir le spectateur en jouant avec ses nerfs et ses capacités de déduction. Tel un gigantesque jeu de Cluedo, Sherlock Holmes contre Jack l’éventreur passionne d’autant plus qu’il a fait l’objet d’un soin maniaque de la part de tous les artisans qui l’ont confectionné. Bénéficiant de magnifiques décors d’Alex Vetchinsky, d’une splendide photographie couleur de Desmond Dickinson et d’une efficace réalisation de James Hill (artisan responsable la même année d’un très bon film animalier intitulé Vivre libre), le long-métrage marque encore aujourd’hui les esprits par son ambiance angoissante, dopée au brouillard londonien d’où peut surgir à chaque instant le terrible assassin. Les auteurs, afin d’amplifier le choc des meurtres, ont également joué sur la couleur rouge qui est systématiquement utilisée pour les costumes des prostituées (ce qui tranche avec les teintes sombres attribuées aux gens de la bonne société), mais également lors des scènes de massacre où le sang s’étale sans complexe. On retrouve donc ici les mêmes caractéristiques que dans les productions de la Hammer dont l’efficacité venait essentiellement de l’utilisation de couleurs criardes. Porté par l’interprétation toute en nuance de John Neville et de son acolyte Donald Houston dans le rôle de Watson, cet excellent polar n’a pourtant pas fait l’objet de suites. Tout juste peut-on citer le Meurtre par décret de Bob Clark (1979) qui confronte à nouveau Sherlock Holmes et Jack l’éventreur quinze ans après [1].


Le DVD
Une édition qui vaut surtout pour la superbe restauration de l’image.

Les suppléments

Sur le papier, le documentaire Les 1 000 visages de Sherlock Holmes, d’une durée de 45 minutes, peut faire saliver. La déception est donc à la hauteur de l’attente lorsque l’on découvre un vieux document télévisé datant de 1985 dont aucun plan n’a été restauré. Avec un son déplorable qui ne cesse de grésiller et saturer et une image délavée et entièrement floue, le supplément proposé par l’éditeur ne satisfera aucunement les exigences du spectateur contemporain. De plus, le contenu du document n’est guère passionnant puisque Christopher Lee présente un à un les différentes versions de Sherlock Holmes sans apporter le moindre élément d’analyse. D’une plombante linéarité, le document est tout bonnement ennuyeux.

Image

A part quelques passages dans le brouillard qui révèlent quelques petits points blancs, la restauration de l’image est optimale. Les couleurs sont resplendissantes, la définition de très bonne qualité et le grain très discret. Du très bon boulot.

Son

Si la version française en mono étouffe davantage les bruits d’ambiance, le doublage d’époque est tout bonnement excellent et présente une belle unité sonore. On ne peut en dire autant de la version originale, plus naturelle, mais qui souffre de quelques grésillements et de plusieurs irrégularités dans le rendu sonore (son qui baisse ou qui augmente sans que l’on touche à sa télécommande).

Virgile Dumez

[1] Il est intéressant d’ailleurs de noter que Frank Finlay interprète le rôle de Lestrade dans les deux films, tandis qu’Anthony Quayle a également participé aux deux longs métrages, mais cette fois-ci dans deux rôles différents.



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