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Shoot them up - la critique

Polichinelle story

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- Durée : 1h30mn

Un divertissement excessivement barré qui souffre d’une Tarantinoïde aiguë.

L’argument : Smith n’aurait jamais dû se trouver là et pourtant, en pleine fusillade, il aide un enfant à naître et le sauve d’une bande de tueurs. Lui, sombre et violent, se retrouve à protéger l’être le plus innocent qui soit. Le nouveau-né est la cible d’une puissance mystérieuse décidée à effacer toute trace de son existence grâce au redoutable Hertz et à son armée d’assassins. Alors que les affrontements sont de plus en plus meurtriers, Smith ne peut compter que sur lui-même et sur DQ, une prostituée, pour sauver le petit. Le couple doit tenter de percer le secret de l’enfant en restant du bon côté des balles...

Notre avis : Rarement un film aura aussi bien porté son titre. Shoot them up fonctionne comme un jeu vidéo où des personnages, déshumanisés, se déplacent dans un univers de bédé déjantée où les geysers de sang ont plus d’importance que la psychologie et les sentiments. Il est surtout très peu substantiel car il repose avant tout sur les pirouettes et les effets pyrotechniques et moins sur une progression scénaristique. Que l’on adhère ou pas, l’exercice tient difficilement la route jusqu’au bout et fonctionne de guingois. Si le premier tiers peut donner une illusion fun, le film se trouve bien vite confronté à sa vacuité et finit sur les genoux avec une scène finale à damner Tony Scott.
L’ultraviolence est désamorcée par un humour gaguesque (Clive Owen en Bugs Bunny croque une carotte en balançant « quoi de neuf, docteur » à un Paul Giamatti en Droopy) et une interprétation totalement dans le trip second degré (sauf Monica Bellucci, trop affectée pour être hilarante). Aucun répit pour la morale et dans un sens, tant mieux puisqu’on n’est pas là pour se poser des questions. On pourra toujours répliquer que tirer dans tous les sens n’empêche pas de tirer vers le haut. Les clans cinéphiles se diviseront de manière logique. Ceux qui aiment les examens des états d’âme devront passer leur chemin. En revanche, ceux qui succombent aux produits sans substance qui reprennent tout ce qu’on a déjà vu chez Tarantino, Rodriguez et Ritchie devraient apprécier ce divertissement tonitruant, génialement abrutissant et parfois jubilatoire. Nous, on est entre les deux : sans plus ni moins.

Romain Le Vern




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