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Sleeping Beauty - la critique

Belle de jour et de nuit

Note moyenne des internautes :

- Interdit aux moins de 16 ans

Une oeuvre qui retourne et tourneboule ! Clinique, intrigante, dérangeante. Indispensable.

L’argument : Ce que les hommes lui font la nuit, Elle l’a oublié au réveil.
Une jeune étudiante qui a besoin d’argent multiplie les petits boulots.
Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies.
Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé...

Notre avis : Quelque part entre le cinéma féminin de Jane Campion, ici productrice. Celui clinique de Michael Haneke. Pas très loin des émotions perturbantes de We need to talk about Kevin. Vraiment proche des thématiques refoulées de Belle de Jour de Luis Buñuel, vient se nicher l’une des oeuvres les plus sulfureuses de la 64e édition du festival de Cannes, Sleeping beauty. Ce premier film, qui resta longtemps à l’état d’un scénario prometteur redouté par les producteurs hollywoodiens, est l’essence même d’un trouble cinématographique, celui qui ose provoquer sens et esprit, en les confrontant aux réalités universelles qui dérangent.
Malgré un thème fort - une jeune femme sublime offre son corps à une organisation de prostitution de luxe qui la livre à l’inconnu pendant son sommeil -, Sleeping beauty est moins un thriller sur le proxénétisme qu’une introspection des peurs les plus profondes de l’Homme, celles de la décomposition corporelle, de la gangrène, du rejet par l’autre et l’abandon qu’occasionne l’austère vieillesse.
La beauté qui s’affiche ici avec insolence à travers la moue boudeuse d’Emily Browning, est non seulement le fantasme parfait d’une jeunesse sexuée, c’est aussi l’incarnation d’une santé fleurissante, une forme épanouie qui ne craint ni la maladie ni le délabrement, forcément lointain. Maîtresse du regard des autres qu’elle assujetit, a priori peu concernée par les contingences terrestres, la jeune fille volage, qui passe d’un petit job ou d’un amant à l’autre, également d’une drogue à l’autre... se rapproche pourtant peu à peu d’une grande inconnue sur laquelle elle devra ouvrir les yeux dans un dernier moment de sursaut horrifique.
La jeunesse de Lucy, qui est jetée en pâture aux (in ?)fortunés pervers, se réveille immaculée, malgré tous les mystérieux rites nocturnes que son corps subit... L’inéluctable courant nocturne qui l’entraîne vers les enjeux morbides de la vie lui dictera le fin mot d’une histoire qui, contrairement à ce que laisse suggérer le titre, n’est pas un conte de fées. La mort est bien à son chevet et, nous, on en ressort le sang glacé.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

Sleeping Beauty - la critique

Par Jean-Patrick Géraud

A partir d’une idée originale et malgré une sensualité omniprésente qui sied plutôt bien à l’esthétique générale du film, Sleeping Beauty s’empêtre un peu dans le symbolisme de surface. Emily Browning a du mal à se défaire de son image de Baby-Doll angélique et son personnage manque de vraisemblance. Restent de belles images qui compensent les moments faibles, souvent situés pendant le sommeil de Lucy.

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