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Sweeney Todd à Paris : c’est Burton et Depp qui régalent

Conférence de presse

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Sortie événementielle de Sweeney Todd ce mercredi 23 janvier. Ce petit succès commercial aux USA (à peine 40 millions de dollars de recettes) fait pourtant office de puissant blockbuster sur notre territoire grâce à sa formidable promo, des critiques dithyrambiques et le passif de son cinéaste, Tim Burton, un habitué des sommets du box-office (même pour Mars attacks, pourtant un cinglant échec aux States). A l’occasion de l’événement, le duo Johnny Depp/Tim Burton est venu sur la capitale pour une promo éclair - quelques interviews et une conférence de presse. En voici un petit compte rendu.

Jeudi 17 janvier. Tim Burton et son complice Johnny Depp arrivent avec près d’une heure de retard à leur rendez-vous avec les journalistes français au Ritz Club (on parle d’un problème technique, on s’en fiche un peu ; on est contents d’être là). Un cadre luxueux et clinquant pour un roi du macabre plus habitué aux décors tarabiscotés, tortueux et obscurs qu’aux dorures des palaces. Du moins dans le fantasme collectif du fan de base. Les messieurs sont en territoires conquis, la France depuis près de vingt ans est à leurs pieds, d’une fidélité déprimante, alors que Tim n’a de cesse de répéter son art sans finalement trop prendre de risque (oui, certes, on y chante un peu plus qu’à l’accoutumée dans son petit dernier, et c’est plutôt saignant, mais bon...) et que Johnny s’enferme dans le rôle du bogosse versatile, aussi à l’aise dans le blockbuster que dans l’art et essai. Rare pour une belle gueule.
Les deux compères arrivent en un clin d’œil refusant les photos, mais acceptant d’être filmés pour les médias armés de caméra. Fausse modestie, pudeur touchante, ras-le-bol médiatique ou saute d’humeur ? Peu importe, le duo magnétise la salle de sa générosité, et de sa jovialité. L’exercice de promo est bien réglé. Les deux frangins dissymétriques - le même look mais Burton s’érige en version débraillée et un peu dégénérée de Depp - se prêtent au jeu des questions. Du convenu. On n’y apprend rien, mais tout le monde s’en moque un peu. Le plaisir d’incarner le mythe pour les stars et celui de les (re)découvrir en direct pour les autres l’emportent sur les conventions. Pas de scoop sur Vanessa ; aucune prise de position sur la grève des scénaristes à Hollywood (Depp ne répond pas et Burton prétend ne pas vraiment comprendre les tenants et les aboutissants d’un conflit visiblement trop compliqué pour lui, sic) ; quelques mots sur les références de Burton (les vieux films fantastiques des années 50) ; leur première rencontre (le héros de 21 Jump street qui pensait ne pas être casté et le réalisateur de Pee Wee subjugué par l’énergie du jeune comédien) ; le virage sanglant de Burton pour Sweeney Todd que le cinéaste voulait très proche de l’esprit de la comédie musicale d’origine (exit - provisoirement - Danny Elfman, son compositeur attitré, puisque Burton reprend toute la musique de Stephen Sondheim alors que le premier script proposait davantage de dialogues et moins de moments musicaux)...
Bref, les révélations ne tombent pas, mais la rencontre se savoure au gré du dialogue, apaisant et fantaisiste. L’on préfèrera la fiction Depp et Burton à leurs mythes vivants pourtant charismatiques. Après tout, chacun sa place, chacun son univers. La nôtre étant davantage dans les salles obscures pour déguster les mets délicieusement tordus de ces deux gaillards que dans les salons des palaces nous régalant de canapés savoureux avant le boulot. Et comme aurait pu le dire un autre Johnny, "ah que c’est beau quand même le showbiz".

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Frédéric Mignard




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