Le tout premier film de Pavel Lounguine, prix de la mise en scène à Cannes en 1990.
L’argument : La rencontre fortute d’un chauffeur de taxi solitaire et d’un musicien alcoolique donne naissance à une amitié proche de la haine.
Notre avis : Pour son premier film produit par MK2, Pavel Lounguine, alors installé en France, donne la température de la Russie de l’époque, la veille de l’effondrement de l’URSS. Film historique, Taxi Blues en profite pour délivrer un message de tolérance et de réconcilialtion apaisant, au travers d’une histoire d’amitié forte née de la rancoeur et de l’incompréhension entre deux hommes que tout sépare. d’un côté, l’on trouve un chauffeur de taxi représentant le Moscou de l’époque, braillard et antisémite, à la mentalité arriérée, nostalgique de l’ancien système communiste qui s’effrite de tout bord, l’autre est un saxophoniste juif, sans le sou, ouvert sur la société moderne et donc sur le monde qui va s’ouvrir à la future Russie. Ils parlent la même langue, partage le même quartier, mais semble vivre sur une autre planète.
Avec une vraie belle émotion et un humour authentiquement drôle, Pavel Lounguine s’offre la plus belle des transitions entre son ancien métier de scénariste et celui de réalisateur, en réussissant l’exploit d’offrir de l’empathie pour des personnages peu charismatiques au premier abord, dont l’évolution nous renvoie au meilleur des feel-good movies. Avec sa mise en scène investie, passionnée par l’humain et l’environnement où il s’inscrit, Taxi blues est un coup de maître qui sera suivi de façon aussi brillante par un 2e long en 1992, le coup de poing Luna Park, et dans les années 2000 notamment par La Noce, Un nouveau Russe, L’île ou encore Le Tsar. Des bêtes de festival.