Accueil > Les réalisateurs > L > Lumet, Sidney > The offence - la critique + test DVD

The offence - la critique + test DVD

L’empreinte du mal

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h52mn

Cette perle rare est un monument à l’ambiance malsaine typique des années 70 grâce à un scénario délicieusement ambiguë et une réalisation virtuose tout à fait audacieuse. Du grand cinéma.

L’argument : L’inspecteur Johnson recherche activement un criminel qui agresse sexuellement des enfants. Après une nouvelle agression sur une petite fille retrouvée dans un bois, la police redouble ses recherches et un individu louche, Kenneth Baxter est arrêté quelques heures plus tard. Suite à des interrogatoires infructueux, Johnson décide d’interroger le suspect en tête en tête. Passé un long moment, des policiers, alertés par des cris, font irruption dans la salle et découvrent l’homme gisant par terre. Johnson lui a porté des coups violents, et l’individu est hospitalisé en urgence...

Notre avis : Au début des années 70, l’acteur Sean Connery négocie avec United Artist un compromis qui lui permet de tourner deux films d’auteur indépendants s’il s’engage à reprendre une nouvelle fois le costume trois pièces de l’agent 007. L’Ecossais s’exécute et permet aux Diamants sont éternels (Guy Hamilton, 1971) de devenir un hit mondial. Dès lors, Sean Connery peut initier le projet de son choix, en l’occurrence l’adaptation cinématographique d’une pièce de théâtre signée John Hopkins et intitulée The offence. Pour assurer la partie mise en scène, Connery fait appel à Sidney Lumet, avec qui il a déjà tourné deux films majeurs (La colline des hommes perdus en 1965 et Le gang Anderson en 1971).
A partir d’une histoire ambitieuse qui confronte un flic au bout du rouleau avec un tueur d’enfant dont on ne connaitra jamais vraiment l’identité, le cinéaste s’ingénie à brouiller les pistes et à pervertir les règles du genre par la magie de sa réalisation. Ainsi, la première séquence, totalement hallucinée, crée une ambiance mystérieuse et inquiétante qui ne cessera plus de peser sur le reste du long-métrage. Le personnage incarné avec maestria par Sean Connery a beau être identifié comme le héros de l’histoire, les différents cadrages le présentent plutôt comme un être instable et inquiétant, dont on se demande sans cesse s’il n’est pas l’assassin. En réalité, le cinéaste opère par le biais de la mise en scène une contamination du personnage principal par le mal qu’il est censé combattre. La multiplication des images de meurtre (terriblement séduisantes sur le plan esthétique par rapport à la grisaille du quotidien) montre la progressive déstabilisation psychologique d’un homme qui sombre dans la folie.
D’une noirceur terrible, The offence n’a bénéficié à l’époque que d’une sortie limitée aux Etats-Unis, tout en restant inédit dans nos contrées. Aujourd’hui, il est donc impératif de redécouvrir cette œuvre majeure d’un réalisateur alors en pleine ascension puisque son film suivant n’est autre que Serpico (1973), avant d’enchaîner avec Un après-midi de chien (1975) et Network (1977). Il est donc temps de réévaluer ce petit bijou à la malédiction tenace.


Le DVD

La collection Les introuvables s’agrandit avec cette pépite noire qu’il est indispensable de posséder, vu son extrême rareté.

Les suppléments

Certes, l’unique bonus ne dure que vingt-cinq minutes, mais les interventions de Jean-Baptiste Thoret et François Guérif sont tellement riches d’information que ce module se suffit à lui-même. On prend plaisir à les entendre nous parler de la genèse du film, de sa sortie expéditive et leurs analyses très pertinentes des différentes scènes marquantes. Le reste se partage entre des bandes-annonces de l’éditeur, une galerie photo et une filmographie sélective de Sidney Lumet.

Image

Malgré la présence d’une copie assez sombre, l’image demeure de toute beauté. Elle met parfaitement en évidence la volonté du chef opérateur en réservant les couleurs grises pour le quotidien et en accentuant les teintes vives lors des séquences fantasmées. Du beau travail.

Son

L’unique piste en VOSTF est plutôt efficace, mettant en avant l’ambiance lourde voulue par le cinéaste. Les dialogues se détachent sans problème des bruits d’ambiance, peut-être un peu trop étouffés dans l’ensemble.

Virgile Dumez


Il n'y a pas encore d'avis pour ce film. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis