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The outsider, l’étranger du Montana - la critique + le test DVD

Serial Quaker

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- Sortie du DVD : 1er mars 2012

Derrière une classique trame de western se cache en réalité un vrai film de femmes, plutôt subtil dans sa description d’une passion impossible et nuancé dans sa réflexion sur la violence et le communautarisme. Intéressant.

L’argument : Après l’assassinat de son mari par le grand éleveur de bovins Fergus Hunter, Rebecca Yoder tente seule, avec son jeune fils, de tenir les rênes de la ferme familiale. Malgré le regard réprobateur que porte sur elle la communauté religieuse des Justes à laquelle elle appartient, Rebecca recueille et soigne sous son toit Johnny Gault, un hors-la-loi grièvement blessé. Reconnaissant et de plus en plus sensible aux charmes de la jeune veuve, Gault trouve le moyen de payer sa dette : débarrasser la région de Hunter...

Notre avis : Si la perspective de regarder un western romantique réalisé par Randa Haines (Les enfants du silence) et écrit par Jenny Wingfield (Le roi lion 2) peut légitimement faire peur, The outsider (2002) se révèle être une bonne surprise, même si les amateurs d’action et de fusillades risquent bien de déchanter. Effectivement, ce téléfilm tourné en Australie pour une chaine de télévision américaine est avant tout un film de femmes. La trame westernienne ne sert que de toile de fond à une histoire d’amour entre un tueur à gages implacable et une jeune veuve quaker. Il ne sera donc échangé que fort peu de coups de feu dans cette œuvre qui préfère s’attarder sur la psychologie des personnages et sur leurs déchirements intérieurs. Si le téléfilm s’ouvre sur une trame ultra-classique où des quakers pacifiques se font harceler par des éleveurs bovins bien décidés à leur faire mordre la poussière en leur volant leurs terres, la suite prend rapidement une tournure plus romantique lorsque la veuve incarnée avec beaucoup de sensibilité par Naomi Watts se prend d’affection pour un as de la gâchette qu’elle a sauvé d’une mort certaine. Dès lors, le téléfilm fonctionne sur le mode de la confrontation entre cet homme frustre et violent et cette femme pieuse qui découvre pour la première fois de sa vie la passion amoureuse. Tandis que le tueur révèle peu à peu ses fêlures intimes (notamment une enfance placée sous le signe de l’abandon) et tente de conjurer ses démons, la belle quaker s’ouvre au péché avec une délectation qui la mène au supplice moral. Partagée entre son désir profond pour cet étranger et sa communauté décidément bien sectaire, cette mère de famille exemplaire devra faire un choix qui sera salutaire ou destructeur.
Menée avec un certain talent par la réalisatrice, cette histoire dramatique finit par toucher le spectateur grâce à l’implication totale des comédiens. Dominé par le talent de Naomi Watts, le téléfilm bénéficie également d’une honorable prestation de Tim Daly (plus connu pour ses rôles dans des séries télévisées comme Wings) toujours crédible en décalque moderne de l’homme sans nom. On est également ravis de retrouver les deux frères Carradine (David et Keith) dans des contre-emplois plutôt intéressants. Malgré un manque de moyens qui se fait ressentir dans la pauvreté des décors, le talent du directeur de la photo Ben Nott permet de compenser cette faiblesse par l’utilisation de nombreux filtres de couleurs. Même si Randa Haines n’évite pas toujours les clichés façon Petite maison dans la prairie, elle trousse ici une œuvre honorable qui sait prendre ses distances avec un genre balisé pour livrer une réflexion personnelle sur la place des femmes dans la société américaine de la fin du 19ème siècle doublée d’une belle histoire d’amour.


Le DVD
Une édition passable d’un téléfilm vieux d’une dizaine d’années, mais plutôt réussi.

Les suppléments :
0
Tout bonnement aucun.

Image :

Après un générique un petit peu abîmé, le reste du téléfilm bénéficie d’une définition très satisfaisante et d’une riche colorimétrie. La très belle photographie permet de faire oublier l’origine télévisuelle du produit et donne l’impression de visionner un véritable film de cinéma, même si certains décors crient misère.

Son :

N’étant pas un film cinéma, The outsider n’a droit qu’à deux pistes en simple stéréo. On remarquera la belle puissance de la piste française dont le doublage est d’ailleurs de bonne facture, tandis que la version originale est plus subtile dans sa répartition des bruits d’ambiance, au détriment des voix, plus effacées.

Virgile Dumez


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