Année de production : 1945
Sortie du DVD : 1er février 2012
Avec un souci documentaire de chaque instant et une sensibilité à fleur de peau, ce film de guerre rend un hommage sincère aux hommes qui se sont battus durant la Seconde Guerre mondiale. Son humanisme en fait l’un des meilleurs films de guerre de tous les temps.
L’argument : Inspiré d’une histoire vraie. Ernie Pyle, correspondant de guerre, va suivre un groupe de fantassins américains impliqués dans deux moments clés de la Seconde Guerre mondiale : la campagne d’Afrique du nord et cette d’Italie. Il va centrer ses articles sur la vie quotidienne de ces soldats, tiraillés entre leurs devoirs, leurs relations amicales et sentimentales...
Notre avis : Célèbre correspondant de guerre durant la Seconde Guerre mondiale, le journaliste Ernie Pyle est devenu une personnalité incontournable depuis l’obtention du Prix Pulitzer en 1944 pour l’ensemble de ses reportages sur la vie des soldats d’infanterie. Le producteur Lester Cowan a alors l’idée de transposer à l’écran ses écrits afin de participer à l’effort de guerre national tout en signant une oeuvre réaliste éloignée des traditionnels clichés hollywoodiens. Après une longue phase d’écriture qui a vu défiler une armée de scénaristes, le projet prend soudain forme lorsqu’Ernie Pyle suggère au producteur d’engager le réalisateur William Wellman. Ce dernier est effectivement un grand spécialiste du film de guerre (et au passage un ancien combattant de la Première Guerre mondiale) qui pourra apporter une touche de réalisme supplémentaire de par son vécu. Après de nombreux refus de la part du cinéaste qui méprisait l’infanterie (il a servi dans l’aviation), Wellman finit par céder, convaincu par les arguments d’Ernie Pyle.
Le résultat dépasse largement toutes les attentes puisque Wellman signe avec Les forçats de la gloire son chef d’œuvre. Alors que l’intégralité du film a été tournée en Californie dans des décors de studio, le long-métrage brouille la frontière entre fiction et documentaire et propose une vision totalement nouvelle de la guerre. Loin de succomber aux sirènes du grand spectacle hollywoodien, le réalisateur se concentre sur le vécu d’un correspondant de guerre (Burgess Meredith, véritable sosie du véritable Ernie Pyle) qui suit une compagnie américaine depuis le désert d’Afrique du Nord jusqu’au bourbier de Monte Cassino en Italie. L’originalité de Story of GI Joe est de ne jamais montrer directement les combats qui sont toujours repoussés dans un hors-champ angoissant. On ne verra jamais vraiment la violence des affrontements (sauf lors de quelques scènes, empruntées au documentaire La bataille de San Pietro de John Huston), mais cela n’enlève en rien sa cruauté au film de Wellman. En nous faisant partager les espoirs, les angoisses, les doutes et finalement la mort des soldats d’infanterie, le cinéaste ne cache en rien les horreurs d’une guerre qui détruit aussi bien les monuments historiques, les routes que le cœur des hommes. Ici, tout est affaire d’absence, celle de l’être aimé, celle du bambin laissé à la maison et que l’on ne verra sans doute jamais grandir, celle des camarades qui viennent de tomber sous le feu adverse. C’est avec une sensibilité à fleur de peau (mais sans aucun recours aux clichés mélodramatiques) que Wellman décrit le parcours de ces hommes qui ont lutté pour la liberté de l’Europe. Sans tambour, ni trompette, il signe le plus bel hommage qui soit, tout en ne tombant pas dans un patriotisme de bas étage. La guerre est brutale, cruelle et ne peut apporter autre chose que la mort et la destruction. Cette vérité première est énoncée ici avec un talent fou faisant de cette bouleversante aventure humaine un incontournable du genre et un pur chef d’oeuvre, tout simplement.
Le DVD :
L’éditeur a mis les petits plats dans les grands avec ce magnifique objet de collection à saisir d’urgence.
Les suppléments :
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Le coffret DVD est accompagné d’un livre de Michael Henry Wilson intitulé Le ciel ou la boue qui revient en 80 pages richement illustrées par des photographies et des affiches sur la conception houleuse du film, sur les vies mouvementées du journaliste Ernie Pyle (mort en 1945) et de William Wellman, ainsi que sur la réception du long-métrage à sa sortie. Sur la galette, l’éditeur nous propose le documentaire de John Huston intitulé La bataille de San Pietro. Non seulement ce documentaire de propagande nous donne à voir des images réelles du conflit, mais il a surtout servi à illustrer les scènes de bataille de GI Joe. Sa présence ici est donc pleinement justifiée. Reste à consulter une galerie photo et une filmographie complète de William Wellman.
Image :
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La restauration effectuée est de toute beauté, nous permettant de découvrir le film dans un superbe noir et blanc très contrasté. Si certaines séquences demeurent un peu plus abimées que d’autres, elles sont suffisamment rares pour que l’on parle d’un travail de grande qualité. La définition est irréprochable et le résultat dépasse largement nos espérances pour une œuvre aussi ancienne.
Son :
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L’éditeur ne propose pas la piste française d’époque, préférant se concentrer sur une version originale en mono qui a été débarrassée de tout souffle disgracieux. Le résultat est tout à fait convaincant, dans les limites de ce format sonore.