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The wicker man (2006) - la critique

The loser man

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Les premiers pas calamiteux d’un cinéaste indépendant aux commandes d’une production Hollywoodienne horrifique. Remake d’un classique de Robin Hardy.

L’argument : Le sergent Howie est chargé d’enquêter sur la disparition d’une petite fille sur une île isolée. Au cours de ses investigations, il découvre que la population locale se livre à d’étranges cérémonies d’un autre âge et que la jeune disparue a peut-être été victime d’un sacrifice humain...

Notre avis : En premier lieu, The wicker man, de Neil LaBute atteste, si besoin est, de la difficulté du réalisateur à rebondir après un Possession de triste mémoire. Ensuite, il s’agit d’une relecture nullissime du film de Robin Hardy réalisé en 1973 qui suit à quelques accrocs près la trame du film original sans rien insuffler de neuf. Avec balourdise, le réalisateur a transposé l’angoissant cadre anglais dans une bourgade américaine. Le cheminement dramatique entre les deux œuvres reste pourtant le même : un flic part à la recherche d’une petite fille disparue et débarque sur une île loin du monde où le temps semble avoir changé et où les habitants, masqués et bizarres, se livrent à d’étranges coutumes de sacrifices humains. Ce microcosme est principalement dirigé par des femmes manipulatrices (Ellen Burstyn remplace le rôle tenu par Christopher Lee) si bien que pour enfoncer la métaphore, le cinéaste n’hésite pas à jouer sur la douceur du langage face à l’excitation progressive de Cage et à apporter une dimension androgyne même pas exploitée, dépourvue de toute connotation sexuelle.
Neil LaBute privilégie une dimension absurde en travaillant un climat proche de Stepford wives où les femmes vivant sur l’île sont décrites comme des automates conformées à des us et coutumes qui les dépassent et empêchent toute implication personnelle. En réalité, il aurait fallu un cinéaste comme Shyamalan pour faire le grand écart entre ce qui relève du frisson pur et du bluff grandguignolesque, un peu à la manière du Village. Là, pendant quasiment deux heures, on a juste Nicolas Cage un peu perdu qui se contente naïvement de mener une enquête et d’en remonter la source démoniaque. Plus il avance, plus il s’enfonce et il semble être le seul à ne pas s’apercevoir du pot-aux-roses. Ce qui fait qu’on a constamment une heure d’avance sur ce qui va se passer. On a l’impression de voir une adaptation de Silent Hill par James Ivory. Sans oublier ce fâcheux final où LaBute donne la sensation de filmer une rave party géante où les actrices - qui méritent mieux - et les figurants attendent leur chèque pour payer leurs factures. A éviter ? A fuir.

Romain Le Vern




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