Décalé, gore et parfois très drôle, ce nouvel opus des aventures de la revenante Tomie fait partie des meilleurs de la série. Pour amateurs de cinéma bis exclusivement.
L’argument : Tsukiko et ses parents ne peuvent se résoudre à faire le deuil de Tomie, décédée quelques mois plus tôt. Le jour de son anniversaire, cette dernière réapparaît...
Notre avis : Avant de devenir un personnage récurrent du cinéma japonais, la revenante Tomie (prononcez Tomié) est l’héroïne d’un manga à succès initié par Junji Ito. Cette jeune fille morte dans des circonstances troubles revient hanter les vivants et les pousse à s’entretuer afin de satisfaire sa vengeance d’outre-tombe. Devant la popularité du personnage, les producteurs de cinéma se sont emparés du phénomène et ont mis en chantier plusieurs adaptations pour le grand et le petit écran. Réalisés avec des moyens variables en fonction des épisodes, les segments de la saga Tomie ne se suivent pas et reprennent toujours la même formule, assaisonnée différemment en fonction de la personnalité du cinéaste et de l’interprète principale (tous deux changent à chaque fois). Peu importe donc que vous connaissiez les opus précédents pour découvrir ce Tomie unlimited dégoupillé par le réalisateur Noboru Iguchi à qui l’on doit déjà les délirants Machine girl et Sukeban boy.
Le réalisateur respecte ici la charte de la série et évite donc tous les tics visuels typiques d’un certain cinéma trash nippon. Ici, pas de montage hystérique ou de zooms violents inspirés des œuvres de Tsukamoto (Tetsuo) ou de Takashi Miike, mais une réalisation lisible où l’étrange nait davantage des situations que de la mise en scène. De même, ceux qui en ont assez des fantômes asiatiques aux cheveux longs façon Ring peuvent s’aventurer sur les terres de ce Tomie qui n’utilise aucune ficelle de ce type de production. Plus proche de la série des Freddy ou encore du cinéma underground délirant de Frank Henenlotter, Tomie est une sorte de boogeyman qui ne tue pas directement, préférant précipiter les vivants dans la folie meurtrière. L’angoisse n’intéresse visiblement pas beaucoup Iguchi qui préfère de loin livrer un produit hautement ludique et profondément barré. Souvent délirant, volontairement bis et parfois très drôle (l’excroissance sur l’épaule de Tomie est un craignos monster qui vaut le détour), Tomie unlimited se savoure à sa juste valeur, comme du pur cinéma bis à réserver aux seuls amateurs.
