Grâce à un rythme endiablé, des rebondissements convaincants et des effets spéciaux formidables, Tremors s’impose comme l’un des meilleurs films de monstre des années 80. Tout simplement.
L’argument : La petite communauté quelque peu marginale de la ville de Perfection est soudain menacée par un monstre sorti de terre, espèce de ver géant doté d’une force phénoménale, de multiples tentacules et capable de se mouvoir à grande vitesse...
Notre avis : Lancée au départ comme une bonne blague entre potes, l’histoire de Tremors qui pourrait s’apparenter à une version sableuse des Dents de la mer, a fini par intéresser quelques producteurs hollywoodiens et notamment Gale Ann Hurd (ancienne compagne de James Cameron). Cette dernière soutient tellement le projet de S.S. Wilson, Brent Maddock et Ron Underwood, tous les trois débutants, qu’elle parvient à leur décrocher un contrat avec le studio Universal qui débourse la belle somme de 11 millions de dollars pour mettre en boîte ce scénario de série B. Les auteurs s’adjoignent les services expérimentés d’Ivo Cristante, designer ayant déjà œuvré sur le Hurlements (1981) de Joe Dante, ainsi que la collaboration de la toute jeune société d’effets spéciaux ADI (Amalgamated Dynamics Inc) de Tom Woodruff Jr et Alec Gillis. Ces spécialistes des effets mécaniques inventent les fameux vers géants qui vont devenir la principale attraction du long-métrage à une époque où les effets numériques n’ont pas encore envahi le paysage cinématographique.
Si le début du film peut faire craindre le pire avec la description sans nuance d’une petite ville paumée en plein désert, avec son lot de rednecks un peu ridicules, le cinéaste a l’excellente idée de faire débuter son intrigue horrifique au bout de cinq petites minutes et de tenir ensuite le spectateur en haleine jusqu’à la dernière minute. D’une générosité rare dans le genre du film de monstre, Tremors joue la surenchère et propose de nous montrer sa créature en plein jour au bout d’une vingtaine de minutes. Dès lors, la bestiole vient régulièrement pointer le bout de ses tentacules pour agresser et harceler les pauvres habitants. Ces derniers, emmenés par l’excellent numéro de duettistes de Kevin Bacon et Fred Ward, font alors assaut d’ingéniosité pour échapper aux dents du sable. Grâce à un nombre de morts conséquent, un suspense sans cesse entretenu sur la possible apparition du monstre et une action menée tambour battant durant toute la projection, Tremors s’impose comme l’un des meilleurs films de monstre des années 80. S’il ne récolta que 48 millions de billets verts de par le monde avec son exploitation en salles (49 134 entrées seulement en France en pleine crise du cinéma), le film s’est taillé au cours du temps une jolie réputation de film culte grâce à sa sortie en vidéo. Ce succès amplement mérité a d’ailleurs donné lieu à la mise en chantier de trois autres suites (Tremors 2 : les dents de la terre en 1996, Tremors 3 : retour à Perfection en 2001 et Tremors 4 : la légende commence en 2004) et même une série télévisée de 13 épisodes. A noter d’ailleurs que si Fred Ward a repris du service dans le deuxième opus de la saga cinéma, seul Michael Gross a joué dans l’intégralité des films.
