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Trois questions à Paolo Sorrentino

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Interview d’un réalisateur fiévreux et inventif.

Avec L’ami de la famille, exquise révolte contre le conformisme des images, le survolté Paolo Sorrentino remixe la comédie italienne avec de la techno, du cynisme, des tentations oniriques et de l’audace farouche. On aime ou on n’aime pas. Nous, on adore.

Qu’est-ce que vous avez fumé depuis Les conséquences de l’amour, votre précédent film ?
Dès le départ, j’avais l’envie de faire un film qui n’ait pas de contraintes, dans lequel je puisse bénéficier d’une totale liberté. Comme Les conséquences de l’amour est un film qui a fort bien marché en Italie, j’avais "l’autorisation" de faire le nouveau métrage que je souhaitais, sans qu’on vienne m’imposer des règles. De toute façon, que ce soit sur ce film-ci ou sur les autres, le producteur n’intervient pas. La différence, c’est qu’avec mes deux premiers films, j’ai fait l’écolier qui fait bien ses devoirs alors que pour L’ami de la famille, je me suis présenté comme un étudiant qui va passer un examen à la fac, qui n’a pas révisé mais se base sur sa propre intelligence. L’histoire est somme toute classique. Je voulais qu’elle ne soit qu’un prétexte pour fabriquer des images. Quand je vous parlais de liberté totale, cela concernait essentiellement la possibilité de réaliser ces images-là.

Quel a été l’effet le plus difficile à réaliser ?
Je dirais cette scène où la jeune fille est à moitié nue, allongée, et prend le soleil sous un arbre avec le protagoniste en train de la mater. Non seulement parce que techniquement, ce n’était pas évident mais surtout parce que mes collaborateurs attitrés n’étaient pas convaincus de la pertinence de cette séquence. J’ai dû me battre pour la conserver.

Qu’est-ce que vous aimeriez que le spectateur retienne de votre film ?
Deux choses : j’aimerais tout d’abord qu’il se relaxe, ensuite qu’il rie. Tout simplement. Si l’aspect comique est ressenti, alors je serai pleinement satisfait.

Propos recueillis en mars 2007

Romain Le Vern




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