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Un amour de jeunesse - la critique

Tout s’arrête, rien ne s’oublie

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Solaire et chaotique comme l’adolescence, cet Amour de jeunesse s’impose comme une magnifique ode à la vie, dans toute sa cruauté et dans toute sa beauté. Assurément un grand film.

L’argument : Camille a 15 ans, Sullivan 19. Ils s’aiment d’un amour passionnel, mais à la fin de l’été, Sullivan s’en va. Quelques mois plus tard, il cesse d’écrire à Camille. Au printemps, elle fait une tentative de suicide. Quatre ans plus tard, Camille se consacre à ses études d’architecture. Elle fait la connaissance d’un architecte reconnu, Lorenz, dont elle tombe amoureuse. Ils forment un couple solide. C’est à ce moment qu’elle recroise le chemin de Sullivan....

Notre avis : Après avoir réglé ses comptes avec son père dans ses deux excellents premiers longs-métrages, la réalisatrice Mia Hansen-Love termine ce qu’elle nomme elle-même une trilogie par le volet le plus personnel de tous, puisqu’il évoque un amour de jeunesse dans tout ce qu’il peut avoir de pur, de passionnel et d’excessif. Suivant les pas de la jeune Camille, 15 ans, le spectateur est invité à partager un amour à la fois précoce et incandescent. Ainsi, la première partie du film, lumineuse et tourmentée à la fois, nous replonge tous dans les premiers émois adolescents, solaires et jusqu’au-boutistes. Par la passion exclusive que Camille développe envers Sullivan, la nymphette provoque chez son Roméo un besoin de fuite qui peut aisément se comprendre au vu du jeune âge de ce couple trop tôt formé. Durant cette première demi-heure, on est déjà épaté par la puissance panthéiste que dégagent les séquences au bord de la Loire, très proches des Roseaux sauvages de Téchiné. On songe également à de nombreuses reprises au cinéma de Truffaut (la saga Antoine Doinel) ou aux brillants marivaudages de Rohmer. Le ton légèrement décalé des acteurs nous met d’ailleurs sur la piste de la Nouvelle vague et de tout un pan du cinéma d’auteur français revendiqué par l’auteur lors d’une scène où les personnages discutent de leurs goûts cinématographiques.
Après l’inévitable rupture et la tentative de suicide de la jeune fille, la réalisatrice nous propose de suivre la lente réadaptation de l’héroïne à la vie. Devenue architecte (pour se reconstruire ?), elle tombe amoureuse d’un homme plus âgé qu’elle, sorte de pygmalion qui lui permet de survivre jusqu’au jour où elle retrouve son premier amour. C’est cette dernière partie qui emporte définitivement l’adhésion. Effectivement, par petites touches naturalistes, la réalisatrice parvient à nous faire comprendre l’intégralité des sentiments des personnages. Un regard jeté sur un dessin évoque le désir de maternité, un geste furtif signifie la persistance d’un amour qui ne peut être oublié. Loin des longs discours explicatifs, Mia Hansen-Love donne du sens à chaque plan sans jamais surligner le moindre élément. C’est cette grâce infinie qui finit par toucher le spectateur, cette attention constante à faire entrer la vie dans la moindre scène et même à la faire déborder de l’écran. Si le talent de la cinéaste était déjà magnifiquement affirmé avec ses deux premiers films, il explose ici totalement et l’impose parmi les artistes les plus enthousiasmantes du moment.

Virgile Dumez




Les avis des internautes

 

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Par Jean-Patrick Géraud

Un Amour de Jeunesse est une fable lumineuse qui doit beaucoup à l’intelligence de sa construction scénaristique et à la performance de Lola Créton, vraiment excellente dans le rôle principal. Le film laisse au spectateur une belle impression de nostalgie et de liberté.

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Par tedsifflera3fois

Pour son troisième film, Mia Hansen-Love nous raconte un amour de jeunesse. Soulignant par son titre la trivialité de son sujet, la jeune réalisatrice se joue de cette évidence pour apporter à ce premier amour une émotion et une mélancolie qui n’appartiennent qu’à elle. Ma critique : http://tedsifflera3fois.com/2011/07...

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