Charmante chronique de l’enfance, ce conte d’été dégage une certaine fraîcheur malgré un procédé narratif un peu trop contraignant et systématique.
L’argument : Au coeur d’un petit village polonais, Stefek, 6 ans, est élevé par sa grande soeur de 17 ans. Délaissé par son père qui a quitté la maison, Stefek crée son monde de bouts de ficelles où tous ses rêves deviennent possibles. Il croise un jour un homme à la gare qu’il pense être son père. Stefek force alors le destin pour le ramener à la porte de sa mère.
Notre avis : Second film du réalisateur polonais Andrzej Jakimowski, Un conte d’été polonais nous arrive auréolé d’une flatteuse réputation, glanant un peu partout des récompenses, notamment de la part du public. Loin du cliché sur un cinéma polonais grisâtre, ce second opus est marqué par un superbe travail photographique d’Adam Bajerski, réussissant à rendre lumineuse une banlieue pauvre et totalement délabrée. D’une tonalité chaude évoquant l’été, cette chronique de l’enfance s’apparente dans sa forme aux Chronique des événements amoureux (1984) de Wajda, débarrassé de tout aspect politique, sans doute un signe des temps nouveaux. A partir d’un thème déjà exploité jusqu’à la corde par son compatriote Krzysztof Kieslowski, Jakimowski joue avec les hasards et les coïncidences pour mieux faire passer son message d’espoir : pour arriver à quelque chose dans sa vie, il faut être l’acteur de son propre destin, forcer la chance afin de profiter de ses bienfaits.
Grâce au charme et à la fraîcheur de ses jeunes acteurs, le réalisateur parvient à nous charmer par cette chronique un rien anecdotique. Ses cadrages soignés et son attention aux moindres détails sont également à saluer. Il est donc dommage que son procédé narratif - basé sur la théorie du battement d’ailes du papillon - soit trop répétitif, donnant la curieuse impression de tourner en rond. L’emploi de métaphores usées - celle des pigeons voyageurs qui reviennent pourtant toujours à leur point de départ - n’est pas non plus le point fort d’une œuvre qui manque finalement de subtilité dans son traitement. Indéniablement agréable à regarder, ce Conte d’été polonais divertit et nous permet de découvrir le talent d’un jeune cinéaste qui devra affiner son écriture pour pleinement convaincre.

Par Norman06
Un petit bain de fraicheur dans la cinématographie de l’Est. Si le titre français lorgne sur Rohmer, le film s’inspire plutôt des premières réussites de Forman ou Jiri Menzel. L’ombre de l’exercice de style n’est pas loin mais on appréciera la sympathie du projet.