Une comédie romantique qui piétine, figée par la fadeur de jeu de Madonna actrice et d’un scénario qui bascule de façon incompréhensible dans le drame insipide.
L’argument : Abbie et Robert sont les meilleurs amis du monde. Ils ont en commun une approche assez legere de la vie, une finesse d’esprit, une spontaneite attachante... et une vie amoureuse desastreuse. Ils formeraient un couple ideal si seulement Robert n’etait pas homosexuel. Un soir pourtant, apres avoir noye leur chagrin de la perte d’un ami dans l’alcool, ils vont plus loin... et Abbie tombe enceinte. Cette nouvelle inattendue bouleverse leurs plans et leur existence. Non sans hesitation, Abbie et Robert decident de vivre ensemble comme une famille ordinaire.
Notre avis : Dans la carrière cinématographique de Madonna, tous les échecs de la star, à l’instar de son film W.E., ne sont pas immérités. La débandade américaine de The Next Best Thing, donc Un couple presque parfait chez nous, est même plus que compréhensible.
Attaquée depuis deux décennies sur son jeu par des critiques pas toujours fair play, la chanteuse qui n’en est pas à sa première comédie (Recherche Susan désespérément, Shanghai surprise, Who’s that girl), semble n’être plus qu’une ombre à l’écran. Jeu figé. Voix maladroite. Présence monotone. Comme si elle se savait condamnée à l’avance. Pourtant cette fantaisie gay friendly qui aborde ouvertement le droit à l’homoparentalité, est réalisée par John Schlesinger (décédé peu après la sortie du film, en 2003), donc un bon cinéaste des années 70, fort de classiques comme Macadam Cowboy, Un dimanche comme les autres ou Marathon man. A se demander si le réalisateur britannique n’était pas devenu un artisan grabataire, car rien ne fonctionne à l’écran, et surtout pas sa mise en scène peu inspirée.
La complicité de la chanteuse avec le comédien Rupert Everett, alors l’un des amis proches de la madone, qui reprend son rôle ouvertement gay de meilleur ami d’une hétérote, ne parvient à jamais à provoquer d’étincelles de sincérités. Quant à la comédie romantique très fade, elle fait place lors des 30 dernières minutes à un drame stérile, puisque le temps d’une scène de coup de gueule sur le parking d’un hypermarché, voilà le personnage sympa de Madonna fille à pédé, devenue rigide, prompte aux règlements de comptes judiciaires larmoyants ! Quelle cohérence psychologique et narrative ! Et dire que les spectateurs étaient venus là pour se marrer !
Si le flop fut total aux States, en France, c’est un certain succès qui couronna cette pellicule de télé, puisque le film scruta la première place à Paris et finit sa course autour des 486.000 entrées dans tout l’hexagone. Quant à la chanson titre du film, American Pie, premier single de l’album Music de la chanteuse, ce fut un carton !
Bande-annonce :
Le clip d’American Pie :
Un clip non officiel :
