Durée : 1h40mn
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Un polar d’ambiance cinégénique où le cadre new-yorkais, à la fois morne et fascinant, vole la vedette aux acteurs et au récit.
L’argument : La vie de Vincent ne reprendra que lorsqu’il aura retrouvé le meurtrier de sa femme. Sa voisine, Alice, est persuadée qu’elle le rendrait heureux. Alors elle décide de fabriquer un coupable, pour que Vincent se venge et tourne la page. Mais le coupable idéal n’existe pas... Le crime parfait non plus.
Notre avis : Fidèle à son style, Manuel Pradal se refuse une fois de plus à se livrer à un cinéma purement narratif. Un crime, son troisième long métrage après les excellents Marie Baie des Anges et Ginostra, possède une intrigue, avec meurtres, vengeance et femme fatale en toile de fond, mais préfère louvoyer du côté du film d’ambiance opaque où l’histoire n’est que prétexte, quitte à s’aliéner une fois de plus les critiques et le public.
Le réalisateur, conscient de son grand talent, met en image des sensations, des errances, une atmosphère. New York. Véritable pivot du film, la ville préoccupe les instincts du cinéaste qui en délaisse son récit et ses comédiens écrasés par le poids du cadre urbain. C’est beau, souvent fascinant et hypnotisant, mais un tantinet languissant. Le polar perd toutes les ambitions commerciales de son précieux casting (Béart et Keitel assez effacés) pour s’essayer à capter l’essence d’un lieu hautement riche en références artistico-populaires. On pense à Scorsese et à Taxi driver, à Jarmusch aussi pour son rythme et la poésie de ses images. Et puis finalement on reconnaît bien là la démesure de Pradal qui continue à tisser son œuvre, belle et cohérente, et à mettre en scène sa vision du cinéma sans se soucier du succès public. Mais est-ce vraiment "un crime" ?